Tunisie: Trois morts dans les affrontements à Tunis
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TunisieTrois morts dans les affrontements à Tunis

Trois personnes sont mortes dans les affrontements samedi entre manifestants et forces de l'ordre en plein centre de Tunis.

Les manifestations de samedi à tunis ont fait trois morts. L'utilisation du terme «personne» laisse entendre qu'il s'agirait de manifestants.

Selon ce communiqué, «trois personnes ont trouvé la mort parmi les douze qui ont été blessées lors de ces heurts et qui ont été transférées dans un hôpital pour y être soignées». «Plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés à différents degrés», selon le communiqué qui ne précise par leur nombre.

D'autre part, selon le communiqué, «plus de 100 personnes ont été arrêtées ce samedi» et «88 autres auteurs d'actes de vandalisme ont été arrêtés la veille», lors des premiers affrontements entre forces de l'ordre et manifestants survenus vendredi dans le coeur de Tunis.

Le ministère attribue ces actes de violence contre la police «à un groupe d'agitateurs infiltrés dans les rangs de manifestants pacifistes et qui se sont servis de jeunes lycéens comme boucliers humains pour se livrer à des actes de violences, d'incendies visant à semer la terreur parmi les citoyens et visant les forces de sécurité intérieures».

Il appelle «la population à la vigilance et presse les parents à coopérer avec les forces de sécurité et à convaincre leurs enfants de ne pas participer à ces manifestations».

Auparavant, le ministère avait annoncé l'interdiction de circuler pour les piétons et les voitures dans l'avenue Habib Bourguiba dans le centre de Tunis, théâtre de violents affrontements, à partir de ce samedi 18h00 jusqu'à dimanche minuit.

Bataille rangées

Cette avenue centrale a été livrée samedi à une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants. Des dizaines de rafales d'armes automatiques, des tirs incessants de gaz lacrymogènes, des tirs de sommation, des sirènes de voiture de police et d'ambulances, des hurlements de policiers et de manifestants ont résonné pendant plus de quatre heures.

Dans un premier temps, des policiers ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et effectué des tirs de sommation, tandis que les manifestants les bombardaient de pierres.

Plusieurs policiers, en civil et encagoulés, se sont lancés avec des bâtons de bois dans des rues perpendiculaires à l'avenue Habib Bourguiba où est situé le ministère de l'Intérieur, à la recherche de manifestants. Furieux, des policiers pestaient contre les passants. «Rentrez chez vous, enfants de m..., je vais vous apprendre ce que c'est la démocratie», s'écriait un des policiers.

Ce nouveau rassemblement a eu lieu au lendemain de violents affrontements entre policiers et groupuscules qui avaient tenté de pénétrer dans le ministère et avaient incendié ou saccagé trois commissariats dans le centre. Vingt-et-un policiers ont été blessés et plusieurs véhicules de police incendiés, a indiqué samedi le ministère de l'Intérieur.

Des milliers de migrants arrivent de Libye

Plus de 100.000 personnes, mobilisées via Facebook, avaient réclamé vendredi le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi au cours de la plus grande manifestation à Tunis depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.

Au lendemain de cette manifestation géante, deux journaux tunisiens ont averti que le pays risquait de s'enliser dans le chaos, si le gouvernement transitoire restait «insensible» au message du peuple.

Parallèlement, exténués et sous le choc, des milliers de migrants notamment des Egyptiens continuent à passer la frontière tunisienne pour fuir la Libye, en traînant valises, baluchons et couvertures.

Vendredi, «environ 5000 personnes ont franchi la frontière par le point de passage de Ras Jedir de minuit à 19h00», a indiqué sur place le colonel Malek Mihoub de la protection civile. «Parmi elles, se trouvaient 4200 Egyptiens», a-t-il ajouté. Environ 25.000 personnes ont fui la Libye par la Tunisie entre le 20 et le 25 février par Ras Jedir, selon un décompte de l'AFP. (ats)

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