Grippe A/(H1N1): Trois pandémies de grippe au cours du siècle dernier
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Grippe A/(H1N1)Trois pandémies de grippe au cours du siècle dernier

Une pandémie de grippe est un phénomène rare, mais récurrent.

Trois ont été observées au siècle dernier, en 1918, 1957 et 1968, explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La grippe dite «espagnole» en 1918 avait fait entre 40 et 50 millions de morts dans le monde, selon les estimations. Ce fut l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'humanité, précise l'agence de l'ONU sur son site internet.

Le bilan des deux pandémies qui ont suivi a été beaucoup plus léger: la pandémie de 1957 a fait deux millions de morts et celle de 1968, encore plus modérée, un million. L'OMS estime que la grippe saisonnière fait entre 250'000 et 500'000 morts par an, surtout des personnes âgées.

Pas de défense

Une pandémie survient lors de l'émergence d'un nouveau virus grippal qui commence à se propager aussi facilement que celui de la grippe «normale» ou saisonnière, c'est-à-dire par la toux et les éternuements. Comme il s'agit d'un nouveau virus, le système immunitaire de l'homme n'a aucune défense contre lui.

La pathologie provoquée par ce virus de la grippe pandémique risque donc d'être plus grave que celle provoquée par un virus grippal normal, affirme l'OMS.

Alerte à la grippe aviaire

Les experts de la santé surveillaient un nouveau virus grippal très virulent, la souche H5N1, ou grippe aviaire, depuis la première infection constatée à Hong Kong en 1997 (18 cas, dont six mortels). En 2003, les premiers cas de transmission interhumaine du H5N1 ont été confirmés.

Toutefois, le virus de la grippe aviaire n'a infecté jusqu'ici, de 2003 à début juin, en plus de six ans, que 433 personnes et fait 262 morts (soit un taux de mortalité de plus de 60%). Bien que le taux de mortalité soit très élevé, le virus se transmet très difficilement des volailles à l'homme, puis d'homme à homme.

Mortalité peu élevée

Le nouveau virus A/H1N1 est beaucoup plus contagieux, mais beaucoup moins virulent. Avec 28'000 cas et 141 morts depuis l'apparition des premiers cas début avril au Mexique, le taux de mortalité est actuellement de 0,5%.

La plupart des gens n'ayant aucune immunité contre le virus de la pandémie, l'infection et les taux de morbidité sont logiquement plus élevés qu'au cours de la grippe saisonnière. Toutefois, les stocks de vaccins et d'antiviraux disponibles devraient permettre de réduire la morbidité et la mortalité.

Les précédents historiques montrent que le nombre de décès au cours d'une pandémie est très variable, soulignent les experts. Les taux de mortalité sont déterminés par quatre facteurs: le nombre de personnes infectées, la virulence du virus, les caractéristiques et la vulnérabilité des populations touchées et l'efficacité des mesures de prévention.

Grâce à l'alerte donnée par la grippe aviaire depuis 2003, des mesures de prévention ont été développées dans la plupart des pays. L'OMS a fait une estimation, déjà ancienne, de 2 à 7,4 millions de décès en cas de pandémie en se fondant sur la pandémie relativement modérée de 1957.

Plus grande rapidité

Les pandémies du siècle dernier ont fait le tour de la planète en six à neuf mois, rappelle l'OMS. Aujourd'hui, du fait de la rapidité et du volume du trafic aérien international, le virus pourrait se propager beaucoup plus rapidement. Au bout de deux mois, il est déjà présent sur tous les continents, peut-on constater.

L'OMS souligne aussi que les précédentes pandémies se sont propagées en deux et parfois trois vagues. Le chef du programme de l'OMS contre la grippe Keiji Fukuda reconnaissait mardi qu'il y a une grande incertitude quant à l'évolution du virus: il pourrait devenir plus virulent comme s'atténuer et devenir plus modéré.

Le degré de gravité varie aussi d'un pays à l'autre et d'un groupe de population à l'autre et il est impossible de généraliser au niveau mondial. L'OMS considère que le virus A/H1N1 est actuellement «modéré», mais pas «bénin».

(ats)

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