Arabie saoudite - Trois soldats saoudiens exécutés pour «haute trahison»
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Arabie saouditeTrois soldats saoudiens exécutés pour «haute trahison»

Trois militaires, reconnus coupables du «crime de haute trahison, pour collaboration avec l’ennemi», ont été mis à mort samedi en Arabie saoudite.

Les soldats ont été exécutés ce samedi près de la frontière avec le Yémen. L’Arabie saoudite intervient depuis 2015 dans la guerre civile dans ce pays voisin.

Les soldats ont été exécutés ce samedi près de la frontière avec le Yémen. L’Arabie saoudite intervient depuis 2015 dans la guerre civile dans ce pays voisin.

AFP

Trois soldats saoudiens ont été exécutés samedi pour «haute trahison», a annoncé le ministère saoudien de la Défense qui les accuse de «collaboration avec l’ennemi». Ils ont voulu «déstabiliser le royaume et ses intérêts militaires», a précisé le ministère dans un communiqué reproduit par l’agence de presse officielle, SPA.

Les trois hommes, qui ont été exécutés près de la frontière avec le Yémen, ont été identifiés comme Mohammed ben Ahmed, Chaher ben Issa et Hamoud ben Ibrahim – mais l’«ennemi» avec lequel ils sont accusés d’avoir collaboré n’a pas été nommé.

L’Arabie saoudite intervient depuis 2015 dans la guerre civile au Yémen voisin à la tête d’une coalition militaire en soutien du gouvernement face aux rebelles yéménites Houthis, proches de l’Iran et qui ont pris le contrôle d’une bonne partie du nord du pays et de la capitale Sanaa.

Le royaume saoudien fait face à une multiplication des attaques de missiles et de drones sur son territoire, alors que les combats s’intensifient entre forces gouvernementales et rebelles yéménites pour le contrôle de Marib, une région pétrolière stratégique du Yémen dont les Houthis cherchent à s’emparer depuis février.

Plus de 50 morts dans les combats au Yémen

Les combats dans ce dernier bastion gouvernemental du nord du Yémen ont fait au moins 53 morts dans les deux camps en 24 heures selon des responsables militaires du camp gouvernemental, les rebelles poursuivant leur offensive malgré les appels à une trêve.

Les trois exécutions de samedi interviennent alors que Ryad intensifie sa campagne militaire au Yémen et que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, aussi connu sous ses initiales «MBS», cherche à consolider son pouvoir.

Âgé de 35 ans, il est déjà perçu comme le dirigeant de facto du royaume pétrolier, où il cumule les postes de vice-Premier ministre, ministre de la Défense – le vice-ministre étant son jeune frère Khaled –, conseiller spécial du souverain et enfin président du Conseil des affaires économiques et de développement.

Répression implacable

Au cours des trois dernières années, il a mené une répression implacable contre toute dissidence ou rivaux potentiels en Arabie saoudite, avec notamment des vagues d’arrestations dans les milieux religieux, intellectuel, économique de la société civile et même au sein de la famille royale.

En mars 2020, le frère ainsi que le neveu du roi Salmane, les princes Ahmed et Mohammed ben Nayef, ont ainsi été arrêtés selon plusieurs sources. Mohammed ben Nayef avait été écarté du trône en 2017. Les autorités ne se sont pas prononcées publiquement sur leur détention.

Monarchie absolue et plus grande économie arabe, l’Arabie saoudite a longtemps été critiquée pour être l’un des pays au monde menant le plus d’exécutions et pour son système judiciaire, jugé opaque par les défenseurs des droits humains.

Mais cette année, la Commission des droits humains, un organisme gouvernemental, a fait état d’une baisse considérable des exécutions en 2020. La Commission dit avoir répertorié 27 exécutions en 2020, soit une baisse de 85% par rapport à l’année précédente, due notamment à un moratoire sur la peine capitale pour des délits liés à la drogue.

(AFP)

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