Suisse: Trop chère, la viande bio reste minoritaire sur les étals

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AlimentationTrop chère, la viande bio reste minoritaire sur les étals suisses

Une étude montre que la viande labellisée, notamment pour le respect du bien-être animal, peine à dépasser les 12% de part de marché. Les grands distributeurs sont critiqués.

Image d’illustration.

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20min/Simon Glauser

Ce n’est sans doute un secret pour personne, la viande bio et labellisée comme étant respectueuse du bien-être animal coûte plus cher. Une étude de la Haute École spécialisée du nord-ouest de la Suisse publiée mardi confirme clairement cette tendance et montre que ces prix élevés font stagner les ventes de ce type d’élevage à environ 12%.

Exemple édifiant publié dans le «Tages-Anzeiger»: pour les prix relevés en juin, le jambon de derrière de marques bon marché comme Prix Garantie (Coop) ou M-Budget (Migros) coûtaient en moyenne 18,03 francs par kilo contre 54,55 francs pour les mêmes produits bios. Une autre étude citée dans l’article affirme pourtant qu’une baisse de 20% du prix du bœuf bio ferait augmenter les ventes de moitié.

Seulement 20 centimes de différence

Mais ce ne sont pas les producteurs qui se taillent la part du lion. Les agriculteurs ne sont pas incités à passer à un élevage respectueux des animaux car les coûts supplémentaires qui en découlent ne sont pas compensés. Pour la période observée dans l’étude, les éleveurs recevaient seulement 20 centimes de plus par kilo pour la vente de viande bio.

Mathias Binswanger, auteur de l’étude de la Haute École spécialisée, dénonce la grande distribution. Selon lui, Coop et Migros, via leur propre production (Bell et Micarna) maintiennent d’un côté des prix bas pour la viande non labellisée et gonfleraient leurs prix de l’autre côté pour faire payer les clients sensibles aux conditions d’élevage (lire encadré ci-dessous).

L’économiste préconise de soutenir financièrement les agriculteurs pour compenser les coûts supplémentaires de l’élevage respectueux des animaux et de baisser les prix dans les rayons. La Protection suisse des animaux et l’Union suisse des paysans appellent aussi à réguler le marché pour que la redistribution des profits soit plus équitable.

Coop et Migros rejettent les critiques

Les deux détaillants se défendent de maximiser leurs profits sur le dos des éleveurs et des clients. En résumé, ils disent dans le «Tages-Anzeiger» ne pas se faire de marges exceptionnelles sur les produits labellisés et rémunérer les éleveurs à des prix conformes au marché. Migros ajoute aussi que les pressions de la concurrence l’empêchent de gonfler ses prix, sans prendre le risque de faire chuter la demande. La Commission de la concurrence (Comco) affirme de son côté ne pas disposer d’informations allant dans le sens d’un accord sur les prix ou d’un abus de position dominante de Coop et Migros.

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(jba)

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