Actualisé 15.05.2011 à 11:02

Suisse

Trop de femmes de ménage au noir

Très difficile de mettre un terme à cette pratique en Suisse. Deux-tiers de ces ouvrières ne sont pas assurées, malgré des campagnes de sensibilisation qui coûtent des millions.

de
rga
Malgré une campagne de sensibilsation qui aura coûté 3,5 millions de francs, le travail au noir en Suisse est très loin d'avoir été extirpé.

Malgré une campagne de sensibilsation qui aura coûté 3,5 millions de francs, le travail au noir en Suisse est très loin d'avoir été extirpé.

Adrian Gsell, directeur d'une agence qui s'occupe de placer des femmes de ménage à Fehraltdorf (ZH) est catégorique : 100 000 femmes travaillent au noir dans ce secteur en Suisse. Cela représente 75% de toutes les femmes de ménage dans ce pays. Selon Gsell, cité dans le «SonntagsBlick», la campagne de sensibilisation de la Confédération pour lutter contre ce fléau, et qui a coûté la coquette somme de 3,5 millions de francs, «n'a strictement rien changé». Tout au moins pas dans la durée.

Une embellie de courte durée

Dans les mois qui ont suivi l'entrée en vigueur de la nouvelle sur le travail, en 2008, qui exigeait que les employeurs paient des cotisations sociales et assurent leurs employés contre les accidents au travail, il y a certes eu une petite amélioration du nombre de personnes bénéficiant de ces nouveaux avantages. Mais ce progrès a été de courte durée estime Adrian Gsell. Cette année-là, l'assureur Axa de Winterthur a vendu 4500 polices en plus de celles vendues habituellement. Par la suite, tout est revenu à la normale, comme le confirme un porte-parole de cette société.

Même le secrétariat à l'économie (Seco), à Berne, est incapable d'indiquer si le nombre total de femmes de ménage inscrites auprès d'une assurance a augmenté ou non.

Pour remédier à cette situation, Adrian Gsell propose que les personnes employant une femme de ménage puissent bénéficier de déductions fiscales. Il estime qu'ainsi la question du travail au noir serait éliminée. Le syndicat UNIA plaide quant à lui pour une légalisation des sans-papiers, principal «réservoir» de main-d'œuvre illégale.

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