Hockey - Nati: Trop défensive, la Suisse est à sa place

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Hockey - NatiTrop défensive, la Suisse est à sa place

Eliminée en quarts de finale du Championnat du monde par les Etats-Unis (3-1) à Ostrava, l'équipe de Suisse a rempli son objectif principal.

Quarts de finale: objectif atteint. Ces mots rappellent bien des souvenirs aux suiveurs de l'équipe de Suisse des années Krueger. Avec le grand Ralph à sa tête, la Suisse avait presque pris son billet annuel pour les quarts de finale des Mondiaux. Huit participations en douze ans, un exploit qu'il s'agit de ne pas oublier.

Puis sous la houlette de Sean Simpson, la Suisse a passé un cap en 2013 en atteignant la finale au terme d'un tournoi prodigieux. Alors forcément, les attentes ont augmenté. Pas du côté des dirigeants, qui se satisfont d'un passage en quarts de finale, mais du côté des médias et des supporters de l'équipe de Suisse.

A Stockholm voici deux ans, la Suisse avait proposé un jeu léché en essayant de se défaire de ses entraves ultradéfensives mises en place par Krueger. Aujourd'hui, Glen Hanlon a remis le cadenas en place et a jeté la clef. «Nous ne sommes pas le Canada, a tonné le coach durant cette quinzaine. Nous ne pouvons pas marquer sept goals par match.»

Comme Ralph Krueger, Glen Hanlon a mis en place une structure défensive solide avec deux bons gardiens. Moyen voire mauvais en début de compétition, Reto Berra s'est repris en fin de parcours. Quant à Leonardo Genoni, l'étiquette de meilleur gardien en termes de pourcentage s'avère flatteuse, même si le gardien davosien a livré la marchandise.

Un groupe plus facile

Pour le coach canadien, les attentes élevées vont de pair avec le poste de sélectionneur national: «Partout où je suis allé, il y avait de la pression. La NHL, la Finlande, la Slovaquie, la Biélorussie, c'était similaire à ce que j'ai pu vivre durant cette première année en Suisse.» Malgré ce qu'il veut bien dire, Glen Hanlon a été surpris de la réaction médiatique après les deux premiers matches du tournoi, surtout à la suite de la victoire contre une France diminuée. Brouillonne, maladroite, peu enthousiasmante, la Suisse a eu de la chance au cours de cette compétition. Au sein de l'autre groupe, elle aurait certainement eu davantage de peine à se qualifier pour les quarts de finale.

«Nous avons perdu deux défenseurs très rapidement et il m'a été difficile d'imposer un turnover, juge le coach. Ce n'était tout simplement pas possible. La défaite initiale contre l'Autriche a ajouté de la pression sur les épaules des joueurs, mais nous avons su faire face. Nous avons pris un point à la Suède et à la République tchèque. Ce n'était pas du beau hockey, mais cela nous a permis de nous qualifier pour les quarts de finale et de valider notre ticket pour les Jeux olympiques 2018.»

Un power-play anémique

S'il le box-play a rempli son rôle, il n'en va pas de même concernant le power-play, l'un des gros points noirs de cette édition 2015 pour la Suisse. Avec un taux d'efficacité ridicule de 5,56%, les Helvètes ont fini à l'avant-dernière place. Et les deux buts inscrits en avantage numérique n'ont rien de glorieux. Le but de Fiala contre la République tchèque est tombé à 5 contre 3 et celui de Hollenstein contre la France, parti seul affronter Huet, est peut-être entaché d'un hors-jeu.

Individuellement, beaucoup de joueurs ont raté leur tournoi. On pense à Reto Suri, Kevin Romy, Kevin Fiala ou encore Cody Almond. Souvent critiqué car leader offensif naturel de cette formation, Damien Brunner a tout de même terminé meilleur compteur suisse avec cinq points (un but/4 assists). Mais on attend plus d'un créateur de sa trempe.

«J'ai eu du plaisir avec chacun des joueurs présents, conclut un Glen Hanlon toujours débordant de positivisme. Ce sont des gars formidables et j'espère que mon fils pourra s'inspirer de gens comme eux. Ils veulent tous jouer pour leur pays.» (ats)

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