Actualisé 03.03.2019 à 20:51

e-votingTrop facile d'acheter des votes électroniques

Selon une étude de l'EPFZ, acheter des codes pour truquer un scrutin serait aisé. Et surtout, impossible à détecter.

von
jfz
Berne tient actuellement une consultation sur le sujet du vote électronique.

Berne tient actuellement une consultation sur le sujet du vote électronique.

Keystone/Alessandro Della Bella

Le scénario imaginé par l'Institut d'informatique de l'EPFZ n'est guère rassurant. Surtout, il tombe au plus mauvais moment pour le vote électronique en Suisse, souligne la «SonntagsZeitung». En effet, c'est cette année que Berne voulait tenter de l'introduire dans la loi. Une consultation fédérale sur le sujet est du reste en cours, jusqu'à fin avril. Or des chercheurs de l'EPFZ viennent de prouver que truquer un scrutin serait presque un jeu d'enfant.

Il suffirait, via un site internet dont l'origine ne pourrait être déterminée, d'appâter les citoyens en leur offrant d'acheter leur vote. Ceux-ci n'auraient ensuite qu'à donner leurs codes pour le scrutin visé et de laisser les «acheteurs» prendre le contrôle à distance de leur ordinateur pendant un court laps de temps. La manipulation serait indétectable. Et, même si des soupçons de corruption naissaient, il serait impossible de savoir quels votes auraient été achetés.

Cette théorie a été soumise à la société InnoSec, spécialisée en cybersécurité, qui l'a jugée très crédible. «L'achat de votes est un danger auquel personne n'a jamais pensé. D'autant qu'il peut être automatisé, et donc totalement anonyme», a dit Gunnar Porada, patron d'InnoSec, au journal dominical. Qui calcule que lors d'une consultation serrée, comme celle sur l'immigration de masse, en 2014, où 20 000 voix auraient permis d'inverser le résultat, un budget de 1 million de francs aurait suffi, en «rémunérant» chaque vote à 50 francs.

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