Trop feignants, les Romands boudent le breakdance
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Trop feignants, les Romands boudent le breakdance

Au championnat du monde officieux de la discipline, seul un Genevois a représenté une Suisse romande en panne d'adeptes.

Etats-Unis, France, Finlande, Japon, Russie, Espagne, Italie, Suède, c'est l'échantillon de nationalités représentées au concours international de la discipline, organisé hier à Beaulieu. Parmi ces as de cette danse acrobatique made in New York, un seul Romand était en lice, Menad Benhaca.

A 24 ans, le breakdancer se considère déjà comme un ancien. Lorsqu'il a commencé cette discipline, il y a quatorze ans, le B-boying (c'est-à-dire le breakdance), Genève, Lausanne et Bâle avaient des représentants brillants en compétitions. Comme les Genevois Sandro, Isey et Juicy. Depuis une dizaine d'années, «c'est le désert.» Il estime pourtant à une soixantaine le nombre de B-boys genevois et lausannois. «Ils font de très bonnes acrobaties, mais ne travaillent pas la base de cette danse: l'interprétation.

Le B-boying n'est pas un sport, c'est un art, une façon d'être», constate le spécialiste. Ses hypothèses? La démotivation sans doute, faces aux excellentes formations étrangères. Trop de flemme aussi, s'interroge celui qui s'entraîne dix heures par semaine. «Il y a pourtant des centres de loisirs où ils peuvent s'exercer.»

L'organisateur du championnat, Amjad Khan, embraie: «Les élèves de breakdance pratiquent cela comme le foot, comme un hobby. Mais il faut s'entraîner trois fois par semaine au minimum.» Le professeur espère bien que le concours, organisé pour la deuxième fois à Lausanne, redonnera la pêche aux nouvelles générations.

Sophie Roselli

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