Crise financière: Trop tôt pour céder la banque d'affaires
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Crise financièreTrop tôt pour céder la banque d'affaires

La cession par l'UBS de sa banque d'affaires, cause de ses déboires, ne devrait pas intervenir à court terme.

La grande banque doit d'abord démêler l'activité du reste de ses opérations, note Hans Geiger, professeur honoraire au Swiss Banking Institute.

Pour cela, la direction est en train de mener un véritable «travail de fourmi». «Par exemple, la gestion des actifs et passifs est aujourd'hui effectuée par la banque d'affaires pour l'ensemble du groupe, explique l'expert zurichois dans une interview parue samedi dans «Le Temps».

Réduire le risque

C'est pourquoi l'UBS ne peut envisager une cession avant d'avoir autonomisé les divisions les unes des autres. L'établissement doit d'abord se concentrer sur la réduction de ses positions à risque.

«Elles s'élèvent encore à 45 milliards de francs, alors que les fonds propres ne dépassent pas non plus 45 milliards!», constate Hans Geiger. L'expert relève au passage que le nouveau conseil d'administration «fait un bon travail, nécessaire».

Selon le professeur à l'Université de Zurich, qui a travaillé jusqu'en 1996 pour le Credit Suisse, l'UBS a réduit son bilan de près de 400 milliards de francs. Au 2e trimestre, elle «nettoyé» pour environ 250 milliards uniquement en positions de négoce. «La priorité absolue est de toute façon de réduire la taille du bilan.»

Une opportunité

Au-delà, Hans Geiger estime que les clients continuent de retirer des fonds, notamment en Suisse, y compris dans la banque de détail. L'UBS est certes sous pression, mais elle génère environ un milliard de francs de marge brute d'autofinancement par trimestre, ce qui devrait lui permettre de maintenir ses fonds propres.

Autre point de vue exprimé dans la presse, celui de Gerold Bührer. Le président d'economiesuisse veut voir dans la crise financière américaine une opportunité pour la place bancaire helvétique.

A ses yeux, le secteur peut tirer profit des profondes turbulences qui affectent Wall Street. «Contrairement à ce qui prévaut aux Etats-Unis, l'Etat n'a pas besoin d'intervenir en Suisse», a indiqué samedi Gerold Bührer sur les ondes de la radio alémanique DRS. Et la situation ne changera pas à l'avenir.

Blocher donne son avis

Patrick Odier, associé senior de LODH, laisse entendre un avis comparable en affirmant que les banques traditionnelles helvétiques traversaient la crise indemnes. Devant l'American International Club of Geneva, il a même signalé qu'elles voyaient «affluer des avoirs de clients venus se réfugier en Suisse».

Observateur externe, Christoph Blocher a également donné son avis dans la «SonntagsZeitung». L'ancien conseiller fédéral UDC appelle à se préparer au pire des scénarios, même s'il pense que l'UBS sera en mesure de sortir du marasme, en sa qualité de banque suisse la plus touchée par la crise financière américaine.

NOTE: encadré suit sur un sondage relatif à la confiance des consommateurs dans les banques suisses.

(ats)

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