Suisse: Trouver des solutions face à la croissance du trafic
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La population, mais aussi l'économie, devront réaliser un tournant écologique dans le domaine du trafic routier, a affirmé vendredi l'Association transports et environnement.

Photo d'illustration.

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Les transports sont pollueurs et gourmands en énergie. Pour sortir de l'impasse que constitue la croissance du trafic routier, la Suisse doit réaliser un véritable tournant écologique dans le domaine, a plaidé vendredi à Berne l'Association transports et environnement (ATE).

Les transports sont utiles, parce qu'ils sont un facteur de qualité de vie et permettent le développement économique. Mais, revers de la médaille, ils consomment 35% de l'énergie primaire, produisent 40% des gaz à effet de serre, sont coûteux et bruyants, a tenu à rappeler Evi Allemann, présidente de l'ATE et conseillère nationale (PS/BE), devant les médias.

Le réseau routier continue pourtant de croître en Suisse, a-t-elle déploré. «Il est tout sauf sûr qu'une croissance du volume des transports soit synonyme d'amélioration de la qualité de vie.»

Stratégie écologique

Seule issue, aux yeux de l'ATE: réaliser un tournant écologique de la politique des transports, au même titre que la Stratégie énergétique 2050 de la conseillère fédérale Doris Leuthard.

L'analogie avec le tournant énergétique est frappante, a affirmé Evi Allemann. «Ces dix dernières années, nous avons assisté à l'émergence de concepts et de technologies capables de transformer le monde de l'énergie.» Il est temps de faire de même pour les transports.

Et de plaider pour des recettes «écologiques et respectueuses du climat»: miser sur les nouvelles technologies telles que voitures hybrides ou électriques, poursuivre le transfert de la route vers le rail, favoriser les transports publics, promouvoir les pistes cyclables.

Mais l'Etat ne pourra pas tout résoudre, affirme la présidente de l'ATE. La population, mais aussi l'économie, devront soutenir ce tournant écologique. Car il contribuera non seulement à améliorer la qualité de vie, mais aussi à favoriser le développement économique de la Suisse.

Mise en garde

Cet appel du pied aux milieux économiques s'accompagne d'une mise en garde contre le retour au «tout bagnole» des années 1960. Le lobby routier ne cesse d'exiger une extension du réseau routier suisse, déjà un des plus denses au monde, a dénoncé son collègue de parti Roger Nordmann, vice-président de l'ATE et conseiller national vaudois.

Deux votations populaire seront primordiales pour le futur de la mobilité en Suisse, prévient-il. La construction d'un deuxième tunnel au Gothard, sur laquelle le peuple se prononcera après les élections fédérales d'octobre, et un «oui» à l'initiative des milieux routiers dite «vache à lait», donneraient un mauvais signal pour le futur de la mobilité en Suisse, selon le socialiste.

Encore du boulot

Dans ce contexte, un grand travail de fond reste à faire, reconnaît l'ATE. Tout ne peut pas être défini à l'avance.

Mais les avancées positives existent déjà, a encore rappelé Anne Mahrer, membre du comité central de l'ATE et également conseillère nationale (Verts/GE). Et de citer le projet de «Financement et aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF), accepté à 62% en votation.

Ou les zones à 20km/h dans les villes suisses, ainsi que les mesures concrètes prises dans certains quartiers d'habitations pour promouvoir la mobilité douce: favoriser des pistes cyclables, livraisons à vélo, quartiers sans voiture ou encore autopartage. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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