04.11.2020 à 09:51

Présidentielle américaineTrump a «peur» de perdre selon les démocrates de Suisse

Si le président sortant a revendiqué la victoire malgré le décompte en cours, c’est pour «intimider» ceux qui ne pensent pas comme eux», selon la vice-présidente des démocrates de Suisse.

Les soutiens de Joe Biden en Suisse sont "prudemment optimistes" pour leur candidat. Ils estiment que le président sortant Donald Trump a "peur" de perdre en annonçant qu'il va recourir à la Cour suprême.

Les soutiens de Joe Biden en Suisse sont "prudemment optimistes" pour leur candidat. Ils estiment que le président sortant Donald Trump a "peur" de perdre en annonçant qu'il va recourir à la Cour suprême.

KEYSTONE/AP/Evan Vucci

Donald Trump «a peur» de perdre après le comptage des votes anticipés, selon les représentants en Suisse du parti démocrate. Leur vice-présidente est «prudemment optimiste» pour Joe Biden, les républicains en Suisse le sont aussi, mais pour le président sortant.

«Il n’y a rien de surprenant» dans le cri de victoire de Trump et l’annonce d’un recours la Cour suprême, a dit mercredi matin à Keystone-ATS la vice-présidente des Democrats Abroad Switzerland. «Nous savions que c’est ce qu’il ferait», ajoute Elizabeth Voss, alors que la course entre le président américain et Joe Biden est serrée.

Elle redoute que ce discours ne soit vu par les soutiens de Trump comme une autorisation à «célébrer» et à «intimider» ceux qui ne pensent pas comme eux, «comme ils l’ont fait depuis quatre ans». Dans le sillage du candidat démocrate, elle appelle à «être patient» alors que le scrutin pourrait ne pas dévoiler de vainqueur dans certains Etats avant vendredi.

Et elle ajoute que la discrétion des républicains sur cette question montre que des avis divergents du président ne sont pas possibles dans son parti. Elizabeth Voss dit avoir confiance dans les gouvernements locaux pour faire ce qu’il faut pour garantir l’intégrité des résultats.

Prudemment optimiste

Certains Etats acceptent de prendre en compte le vote par correspondance des Américains de l’étranger jusqu’à 20 jours après le scrutin tant que le cachet postal a été posé avant l’élection ou le jour de celle-ci. Or, les citoyens américains qui vivent hors du pays «sont plutôt favorables aux démocrates», fait-elle remarquer. Même si ces voix ne seront a priori pas cruciales.

Elizabeth Voss se dit «prudemment optimiste» pour l’ancien vice-président et n’anticipait pas une vague démocrate. «C’est exactement ce à quoi nous nous attendions». Le succès annoncé de Joe Biden en Arizona, Etat traditionnellement républicain, peut être attribué à la colère de certains sur la politique sociale du président, dit-elle.

L’Arizona pourrait être remporté par Trump

Mais le porte-parole des Republican Overseas Switzerland, James Foley, considère encore que cet Etat peut être remporté par Trump. Plus largement, il a dit dans la matinée à TeleZüri être «convaincu» que le président sortant peut encore être réélu. Il ajoute qu’un résultat serré «n’est pas bon» pour le pays.

Cette séquence ne devrait pas laisser davantage de tensions sur la démocratie que celles déjà observées ces derniers mois, notamment après le décès de l’Afro-Américain George Floyd, estime Elizabeth Voss. La menace «n’est pas plus grande», dit-elle. Elle se dit «surprise» que l’attitude de Trump face à la pandémie de coronavirus ne constitue pas «un facteur plus important» dans le choix des électeurs.

De son côté, James Foley avait relevé mardi que le profil «nationaliste» de Trump sur l’économie colle davantage à la Suisse que celui «mondialiste» de Joe Biden. Comme le montre la volonté du président d’aboutir à un accord commercial avec Berne, selon lui.

La reprise économique récente a pu laisser penser à certains d’eux que le président sortant est mieux positionné pour redresser, affirme Elizabeth Voss. Mais l’économie ne se mesure pas seulement «aux marchés financiers», insiste-t-elle.

Trump n’est «pas présidentiel», selon le politologue Daniel Warner

Le politologue spécialiste des USA Daniel Warner a estimé que l’attitude de Donald Trump se déclarant vainqueur de l’élection alors que le décompte des voix se poursuit n’était «pas présidentielle». Selon lui, les Etats-Unis «ne sont plus un exemple de démocratie pour le monde».

La déclaration de Trump est «une invitation aux gens à descendre dans la rue», a réagi l’ancien adjoint du directeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID) sur les ondes de la RTS.

L’expert, proche du parti démocrate, estime toutefois, si l’élection devrait se jouer devant les tribunaux, que les démocrates sont mieux préparés qu’en 2000 lorsqu’ils avaient finalement abandonné la bataille juridique entre George W. Bush et Al Gore en Floride. Leur équipe de juristes est plus importante et prête, selon lui.

Sur le score finalement très serré de cette élection de 2020, Daniel Warner estime que le «phénomène antiglobalisation» qu’on l’on a pu voir en Grande-Bretagne avec le Brexit mais aussi en Pologne et en Hongrie avec la montée du populisme, et en 2016 avec la victoire de Trump aux Etats-Unis, profite cette année aussi au 45e président américain.

En se concentrant sur l’emploi et l’économie, Trump «arrive encore et toujours à vendre le rêve américain, même aux chômeurs (...) Il est quand même extrêmement fort et brillant d’y arriver en tant que multimilliardaire», a reconnu Daniel Warner.

(ATS/NXP)

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64 commentaires
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Exolication

04.11.2020 à 13:05

Le covud pour repondre aux discussions bouclés sans necessite sur l’opinin de l’OMS Je disais le covid sera avec nous comme le pollen des ONG Si on arrive a recuperer tout le pollen sera aussi possible de tuer le covid. Dans la nature

Mike

04.11.2020 à 13:03

Forcément! Qui s’en fiche de perdre une élection! Allô! Lol

Trump

04.11.2020 à 13:01

Est un président qui a tenu son programme. Le reste n'est que propagande.