Conflit Iran-États-Unis: «Trump a-t-il prévu les quinze coups suivants?»

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Conflit Iran-États-Unis«Trump a-t-il prévu les quinze coups suivants?»

Après l'élimination, dans une attaque de drone à Bagdad, du général Qassem Soleimani, le président américain va devoir gérer sa première crise majeure de politique étrangère.

A dix mois de l'élection présidentielle, Donald Trump vient de prendre probablement la décision la plus risquée de son mandat: l'élimination, dans une attaque de drone à Bagdad, du général iranien Qassem Soleimani. Une manœuvre aux répercussions imprévisibles. L'Iran a promis une vengeance «au bon moment et au bon endroit». Le président américain, arrivé au pouvoir sans la moindre expérience diplomatique, va donc devoir gérer sa première crise majeure de politique étrangère.

Une attaque basée sur son «instinct»

«C'est une combinaison potentiellement terrifiante qui réclame des prises de décision prudentes, sages, et une main stable et ferme», souligne, sans cacher son inquiétude, Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans des administrations des deux bords.

Or les premières réactions du milliardaire républicain, qui revendique haut et fort un fonctionnement «à l'instinct», n'ont pas contribué à rassurer ceux qui s'inquiètent de sa navigation à vue sur les dossiers géopolitiques complexes. Fidèle à son style de communication iconoclaste et provocateur, il s'est contenté jeudi soir, au moment de l'annonce de la mort de Soleimani, de tweeter l'image d'un drapeau américain - sans le moindre mot - en guise de première réaction.

Mort de Soleimani: la vidéo de l'attaque?

Les images d'une caméra de surveillance semblent montrer l'attaque contre les général iranien Soleimani, vendredi en Irak. (Vidéo: Ahad TV).

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Le président des Etats-Unis Donald Trump a mis mercredi en garde l'Iran contre toute attaque visant des soldats américains en Irak. (Mercredi 1 avril 2020)

Le président des Etats-Unis Donald Trump a mis mercredi en garde l'Iran contre toute attaque visant des soldats américains en Irak. (Mercredi 1 avril 2020)

AFP
Le bilan de l'attaque iranienne contre une base abritant des militaires américains en Irak début janvier est monté à 109 blessés américains. (Mardi 11 février 2020)

Le bilan de l'attaque iranienne contre une base abritant des militaires américains en Irak début janvier est monté à 109 blessés américains. (Mardi 11 février 2020)

Keystone
Ce sont finalement 50 soldats américains qui ont été victimes de commotions cérébrales après le raid iranien contre une base américaine en Irak. (Mardi 28 janvier 2020)

Ce sont finalement 50 soldats américains qui ont été victimes de commotions cérébrales après le raid iranien contre une base américaine en Irak. (Mardi 28 janvier 2020)

AFP

«Trump a-t-il prévu les 15 coups suivants sur l'échiquier?»

Depuis son luxueux club de Mar-al-Lago, en Floride, où il est en vacances, il a poursuivi vendredi matin avec une phrase chargée d'ambiguïté: «L'Iran n'a jamais gagné une guerre, mais n'a jamais perdu une négociation».

Pour l'ex-diplomate américain Nicholas Burns, aujourd'hui professeur à Harvard, si le général iranien prévoyait effectivement de frapper des installations américaines, l'intervention de Washington était légitime. «Mais Trump a-t-il prévu les 15 coups suivants sur l'échiquier?», s'interroge-t-il, enclin à répondre par la négative.

«Cela risque de mal tourner très rapidement»

Si la plupart des ténors républicains du Congrès ont fait bloc et loué le «courage» du président, les démocrates ont clamé leur inquiétude. Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU sous Barack Obama s'attend au pire: «Trump est entouré de lèche-bottes (ayant viré tout ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui) (...). Cela risque de mal tourner très rapidement». Moins de 24 heures après le mort du chef de la Force Qods des Gardiens de la Révolution, le Pentagone a annoncé le déploiement de 3000 à 3500 soldats supplémentaires dans la région. Est-ce le début d'une escalade ou une mesure temporaire? L'avenir nous le dira.

Retrait d'Irak?

Parmi les différentes hypothèses avancées par des analystes, celle d'un retrait intégral des troupes américaines d'Irak revient avec insistance. Donald Trump pourrait s'appuyer sur les menaces pesant sur les Américains et les déclarations de Bagdad pour justifier sa décision tout en menaçant de frapper de nouveau l'Iran à distance.

«Cela lui permettrait de faire un clin d'oeil à sa base électorale en apparaissant comme ferme tout en procédant à un retrait», estime Colin Kahl, expert à l'université de Stanford et ancien conseiller de Barack Obama. (afp)

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