Cuba: Trump et Obama réagissent à la mort de Castro
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CubaTrump et Obama réagissent à la mort de Castro

A Cuba et dans le monde, les déclarations ont été nombreuses après l'annonce du décès de l'ancien leader cubain.

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Le 6 février 1959, Fidel Castro s'adresse à la foule après la chute du régime Batista. Lancée en août de l'année précédente, l'offensive générale se soldera par l'effondrement du régime de Batista le 1er janvier 1959. Le 8 janvier, entouré de ses «barbudos» - son frère Raul, «Che» Guevara, le charismatique Camilo Cienfuegos -, Fidel Castro fait une entrée triomphale à La Havane.

Le 6 février 1959, Fidel Castro s'adresse à la foule après la chute du régime Batista. Lancée en août de l'année précédente, l'offensive générale se soldera par l'effondrement du régime de Batista le 1er janvier 1959. Le 8 janvier, entouré de ses «barbudos» - son frère Raul, «Che» Guevara, le charismatique Camilo Cienfuegos -, Fidel Castro fait une entrée triomphale à La Havane.

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Le père de la Révolution cubaine est décédé vendredi soir à La Havane à l'âge de 90 ans. Symbolisant les espoirs du Tiers-Monde et des mouvements de libération au début de sa Révolution en 1959, le «Barbudo» en treillis vert olive s'était  peu à peu transformé en dirigeant autoritaire et dogmatique, refusant toute libéralisation et mettant au pas toute opposition.

Le père de la Révolution cubaine est décédé vendredi soir à La Havane à l'âge de 90 ans. Symbolisant les espoirs du Tiers-Monde et des mouvements de libération au début de sa Révolution en 1959, le «Barbudo» en treillis vert olive s'était peu à peu transformé en dirigeant autoritaire et dogmatique, refusant toute libéralisation et mettant au pas toute opposition.

AFP/-
Dès le coup d'État du général Fulgencio Batista en 1952, il organise la lutte armée avec son frère Raul. Le 26 juillet 1953, il tente d'attaquer la caserne Moncada à Santiago de Cuba (est), mais échoue. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, il est amnistié puis libéré deux ans plus tard.

Dès le coup d'État du général Fulgencio Batista en 1952, il organise la lutte armée avec son frère Raul. Le 26 juillet 1953, il tente d'attaquer la caserne Moncada à Santiago de Cuba (est), mais échoue. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, il est amnistié puis libéré deux ans plus tard.

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La mort de Fidel Castro, père de la révolution cubaine, vendredi à l'âge de 90 ans, a suscité de nombreuses réactions à Cuba et dans le monde.

«L'Histoire jugera l'impact énorme» qu'a représenté le père de la Révolution cubaine Fidel Castro, décédé vendredi soir, a réagi le président des Etats-Unis Barack Obama dans un communiqué exprimant son «amitié au peuple cubain».

Barack Obama, co-architecte avec le président cubain et frère de Fidel, Raul Castro, du rapprochement historique et du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide, a souligné que son administration avait «travaillé dur» pour tourner la page de plus d'un demi-siècle de «discorde et de profonds désaccords politiques».

«Fidel Castro est mort!»

Le président élu américain Donald Trump a choisi Twitter pour sa première réaction à la mort du père de la Révolution cubaine Fidel Castro, sans évoquer dans un premier temps ses réserves face au réchauffement historique des relations entre Washington et La Havane.

«Fidel Castro est mort!», a-t-il écrit laconique sur le réseau social, sa plateforme de communication favorite, peu après 08h00 locales en Floride (14h00 GMT), où il passe en famille le week-end prolongé de Thanksgiving.

Le président élu des Etats-Unis a ensuite affirmé par communiqué qu'il ferait «tout» pour contribuer à la «liberté» du peuple cubain après la mort de Fidel Castro, mais sans rien dire de la politique d'ouverture de son prédécesseur Barack Obama.

Le milliardaire républicain, qui entrera à la Maison Blanche le 20 janvier, a jugé dans un communiqué que le père de la Révolution cubaine décédé vendredi à l'âge de 90 ans était «un dictateur brutal qui a opprimé son peuple».

Chefs d'Etat

Nicolas Maduro, le président du Venezuela a écrit sur Twitter: «A tous les révolutionnaires du monde, nous devons suivre son héritage et le drapeau de l'indépendance, du socialisme. Je viens de parler avec le président Raul Castro pour transmettre la solidarité et l'amour au peuple de Cuba.»

Le dirigeant mexicain, Enrique Pena Nieto, s'est également exprimé sur le réseau social. «Je pleure la mort de Fidel Castro Ruz, chef de file de la Révolution cubaine et figure emblématique du 20e siècle», a écrit le dirigeant mexicain sur Twitter.

Fidel Castro était «le plus grand» et comme «un second père», a déclaré samedi la légende du football, l'Argentin Diego Maradona à Zagreb.

«C'est une journée horrible. On m'a annoncé la mort de celui qui était le plus grand, sans aucun doute. Fidel Castro est mort. Je suis terriblement triste, parce qu'il était pour moi comme un second père», a expliqué Maradona à Zagreb, où il assiste à la finale de la Coupe Davis de tennis entre la Croatie et l'Argentine.

Les Canadiens «s'associent au peuple cubain dans le deuil» et «la perte d'un leader remarquable», a assuré le Premier ministre Justin Trudeau.

Même si Fidel Castro était une «figure controversée», le chef du gouvernement canadien a rappelé les liens étroits entre le Canada et Cuba, mais surtout la forte amitié entre son père, Pierre Elliott Trudeau et Fidel Castro.

Contre l'avis de Washington, Pierre Elliott Trudeau, alors Premier ministre canadien, était devenu en janvier 1976, en pleine Guerre froide, le premier dirigeant d'un pays de l'Otan à se rendre à Cuba.

«Je sais que mon père était très fier de le considérer comme un ami et j'ai eu l'occasion de rencontrer Fidel lorsque mon père est décédé», à Montréal lors de ses obsèques en 2000.

«Symbole d'une époque»

Vladimir Poutine, le président russe, a salué le «symbole d'une époque». Alors que l'ex-dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a déclaré que «Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui. Il a pu (...) mener son pays sur la voie du développement indépendant», a affirmé le dernier dirigeant de l'URSS, cité par l'agence Interfax.

Fidel Castro restera toujours «un grand homme politique», qui a laissé «une profonde empreinte dans l'histoire de l'humanité», a encore ajouté Mikhaïl Gorbatchev.

Xi Jinping a assuré que Fidel Castro «vivra éternellement». «Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère», a déclaré le président de la Chine dans ce message lu à l'ouverture du journal du soir sur la principale chaîne de télévision nationale. Fidel Castro était «un grand homme de notre époque».

En France

Dans un communiquél, le président français François Hollande a estimé que «Fidel Castro était une figure du XXe siècle. Il avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu'elle avait suscités puis dans les désillusions qu'elle avait provoquées».

«Acteur de la guerre froide, il correspondait à une époque qui s'était achevée avec l'effondrement de l'Union Soviétique. Il avait su représenter pour les Cubains la fierté du rejet de la domination extérieure».

Quant à l'ancien ministre Jack Lang, il a indiqué dans un communiqué: «Fidel Castro était un géant de la scène internationale. Aux yeux des militants de ma génération, il incarnait l'esprit de résistance à l'impérialisme américain et la volonté de construire par la révolution une société plus juste».

«(...) Son oeuvre contrastée sera longtemps discutée ou contestée. Mais on ne peut oublier qu'il restera pour des milliers de latinos américains le Libertador, celui qui aura réussi à faire face opiniâtrement à la toute puissance américaine».

En Europe

Il avait «une stature historique», a réagi sur Twitter Marjano Rajoy, le chef conservateur du gouvernement espagnol, en soulignant dans un communiqué son impact pour Cuba et sa «grande influence» pour la région.

Pour le Premier ministre slovaque, Robert Fico, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, «Cuba n'a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui à tort ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage».

«Je vous fais part de mes sentiments de tristesse», écrit dans son message de condoléances le pape François, qui s'était entretenu avec Castro lors de sa visite pontificale à Cuba, en septembre 2015. (nxp/ats)

A la Havane, de nombreux habitants se disaient mortifiés de voir disparaître le «Comandante». «Ça nous a tous pris par surprise, on espérait vraiment qu'il vive un peu plus longtemps. Il avait l'air en forme lors de ses dernières apparitions», a réagi Michel Gonzalez, un vendeur de cigares de 30 ans.

«Comme des milliers de Cubains je suis contrit, triste, c'est tellement soudain!», abondait, interdit, le barman Miguel Gonzalez, 24 ans, rencontré dans le Vedado, un quartier proche du centre qui ne connaissait pas son animation habituelle en cette nuit très particulière.

A Miami, des exilés cubains se sont réunis dans les rues, brandissant joyeusement des drapeaux, dansant et tambourinant sur des poêles et des casseroles, montre une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

(NewsXpress)

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