Etats-Unis: Trump pourrait empêcher Comey de témoigner
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Etats-UnisTrump pourrait empêcher Comey de témoigner

Limogé par Trump, l'ex-directeur du FBI doit s'exprimer jeudi devant le Sénat dans le cadre de l'enquête sur la Russie. La Maison-Blanche ne sait pas si le président envisage de l'en empêcher.

James Comey va témoigner devant la commission du Renseignement du Sénat américain jeudi prochain.

James Comey va témoigner devant la commission du Renseignement du Sénat américain jeudi prochain.

Keystone/AP/Carolyn Kaster

A l'approche de l'audition de l'ex-président du FBI au Sénat jeudi prochain, la Maison-Blanche a déclaré vendredi ne pas savoir si le président américain Donald Trump chercherait à empêcher James Comey de témoigner. Une telle obstruction pourrait toutefois déclencher un tollé politique.

L'enquête menée par le FBI sur une possible collusion entre la campagne de Trump et la Russie est en effet de grande ampleur.

James Comey sera notamment interrogé jeudi sur plusieurs conversations avec le président américain, au cours desquelles ce dernier lui aurait demandé d'abandonner une enquête visant l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, contraint de démissionner en février après des révélation sur ses contacts avec l'ambassadeur russe à Washington.

Trump a toujours voulu limoger Comey

La Maison Blanche a affirmé jeudi 11 mai que Donald Trump avait toujours eu l’intention de limoger le directeur du FBI James Comey et que la recommandation du procureur général adjoint n’avait fait que "renforcer sa décision".

«Je n'ai pas encore parlé au conseiller juridique. Je ne sais pas comment ils vont réagir», a dit vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, interrogé sur un possible blocage de l'audition de James Comey.

Privilège exécutif

Le renvoi du patron du bureau fédéral d'investigation (FBI) par Donald Trump, le 10 mai dernier, est dénoncé par les démocrates comme une tentative de freiner l'enquête sur la Russie.

Des représentants démocrates ont envoyé une lettre au conseiller juridique de la Maison-Blanche, Donald McGahn, dans laquelle ils préviennent que toute invocation du privilège exécutif «sera vue comme une mesure visant à faire obstruction à la vérité, tant par le congrès que par le peuple américain». Le principe du privilège exécutif permet au président de refuser de divulguer des informations à d'autres branches du gouvernement.

Dans le cadre du scandale du Watergate, la cour suprême américaine a statué en 1974 contre le président Richard Nixon. Elle a estimé que ce privilège ne pouvait être invoqué que dans des circonstances limitées, telles que la protection de la sécurité nationale ou d'informations sensibles.

«Le président prendra sa décision»

Au cours d'une interview à la chaîne ABC News, la conseillère du président Kellyanne Conway a semblé indiqué que l'audition aurait bien lieu. «Nous allons suivre, tout comme le reste du monde, le témoignage du directeur Comey», a-t-elle expliqué.

Interrogée sur un usage du privilège exécutif du président pour empêcher la tenue de l'audience, elle a cependant ajouté: «Le président prendra sa décision.»

Après l'accumulation des révélations sur les soupçons d'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle, et d'éventuelles complicités dans les équipes de Trump, le département de la justice a nommé le mois dernier l'ex-directeur du FBI Robert Mueller procureur spécial sur l'enquête russe. (ats)

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