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DiplomatieTrump prédit un avenir «génial» à Pyongyang

Donald Trump et Kim Jong-un doivent se retrouver mercredi soir au Vietnam. Le président américain semble optimiste.

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La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

AFP
Pyongyang a réalisé, pour la quatrième fois en mars, des tirs de projectiles, vraisemblablement des missiles balistiques. Ces essais interviennent au moment où toute l'attention de la communauté internationale se focalise sur la lutte contre le Covid-19. (Dimanche 29 mars 2020)

Pyongyang a réalisé, pour la quatrième fois en mars, des tirs de projectiles, vraisemblablement des missiles balistiques. Ces essais interviennent au moment où toute l'attention de la communauté internationale se focalise sur la lutte contre le Covid-19. (Dimanche 29 mars 2020)

Keystone
La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques de courte portée vers la mer du Japon. (Samedi 21 mars 2020)

La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques de courte portée vers la mer du Japon. (Samedi 21 mars 2020)

AFP

Donald Trump retrouve mercredi soir à Hanoï son «ami» Kim Jong Un auquel il a une nouvelle fois promis un avenir radieux si la Corée du Nord acceptait enfin de renoncer à son arsenal nucléaire.

Le premier sommet entre le président américain et le leader nord-coréen, en juin à Singapour, avait débouché sur une vague déclaration sur «la dénucléarisation de la péninsule» mais pas de véritables engagements concrets.

Quelques heures avant ce nouveau rendez-vous scruté avec attention en Asie et au-delà, le président américain s'est servi de l'exemple du Vietnam, pays communiste qui a embrassé le capitalisme et tourné la page de la confrontation avec les Etats-Unis, pour tenter de convaincre Kim Jong Un.

«Le Vietnam se développe comme peu d'autres endroits au monde. La Corée du Nord ferait la même chose - et très rapidement - si elle décidait de dénucléariser», a tweeté M. Trump, évoquant un avenir «GENIAL» pour le pays reclus, aujourd'hui sous le coup de nombreuses sanctions internationales.

Carotte et bâton

Depuis des mois, le locataire de la Maison Blanche manie la carotte et le bâton dans ce dossier, faisant miroiter le potentiel économique de la Corée du Nord tout en refusant l'allègement des sanctions qui l'étranglent.

Après des entretiens mercredi avec les autorités vietnamiennes, dont le président et chef du Parti communiste Nguyen Phu Trong, M. Trump aura un tête-à-tête à face avec Kim Jong Un au Sofitel Legend Metropole, un luxueux établissement situé en plein coeur de la capitale. Un dîner avec leurs proches conseillers est ensuite prévu.

Donald Trump a rejoint mardi soir dans la capitale vietnamienne le dirigeant nord-coréen arrivé quelques heures plus tôt en train blindé, après une odyssée ferroviaire à travers la Chine.

«Ne brusquer personne»

Les deux dirigeants, qui sont passés en quelques mois des insultes personnelles et menaces apocalyptiques à des déclarations «d'amour» de la part de Donald Trump, devront concrétiser les engagements pris lors de leur premier sommet, dénoncé comme du pur théâtre par de nombreux analystes.

La Corée du Nord n'a rien fait pour réduire l'arsenal dont elle dispose. Les propres patrons du renseignement de Donald Trump jugent que le dirigeant nord-coréen est déterminé à conserver l'arme qu'il considère comme la clé de la survie de son régime. Les Etats-Unis ont maintes fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de manière complète, vérifiable et irréversible de son arsenal nucléaire - qui lui a valu une impressionnante série de sanctions de l'ONU au fil des ans. La Corée du Nord dénonce de son côté ce qu'elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Parallèlement, Donald Trump répète qu'il n'est pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à ses armes, tant que celui-ci s'abstient, comme il le fait depuis plus d'un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires. «Je ne veux brusquer personne», a-t-il encore lancé avant son départ de Washington, semblant vouloir tempérer par avance les espoirs suscités par le sommet vietnamien.

Un oeil sur Washington

Ses contempteurs craignent que M. Trump ne soit prêt à lâcher trop de concessions, y compris aux dépens des alliés sud-coréen et japonais, pour proclamer une victoire et détourner l'attention de ce qu'il se passe à Washington. Son ancien avocat personnel Michael Cohen s'apprête à livrer un témoignage potentiellement accablant devant le Congrès.

A Singapour, il avait pris ses propres collaborateurs par surprise en annonçant la suspension des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, une revendication majeure du Nord qui les considérait comme la répétition d'une invasion de son territoire.

En tout cas, il faut avancer, jugent des analystes. «La fenêtre de tir pour des progrès diplomatiques avec la Corée du Nord ne restera pas ouverte indéfiniment», met en garde Kelsey Davenport, de l'Arms Control Association. «Au-delà du décorum, le deuxième sommet doit mettre l'accent sur le fond».

Feuille de route

Selon Kim Yong-hyun, de l'université Dongguk, le meilleur scénario serait que les deux dirigeants se mettent d'accord sur une feuille de route. Washington pourrait promettre des garanties de sécurité sous la forme d'une déclaration officielle sur la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui s'est achevée sur un armistice ou ouvrir un bureau de liaison.

Le dirigeant nord-coréen devrait profiter de son séjour au Vietnam pour visiter des zones industrielles. La Corée du Nord a engagé discrètement depuis quelques années des réformes économiques, avec un infléchissement du contrôle de l'Etat et pourrait vouloir s'inspirer du modèle économique vietnamien.

Mais quelles que soient les promesses de Donald Trump, le Nord est considéré comme le pays le moins favorable du monde pour les investisseurs, selon le cabinet d'évaluation des risques Verisk Maplecroft. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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