Actualisé 21.02.2020 à 17:03

Ingérence russe dans la présidentielle

Trump dénonce une nouvelle «mascarade»

Des responsables du renseignement américain ont révélé que la Russie était à nouveau en train d'interférer dans la présidentielle. Trump a limogé le directeur du renseignement.

Donald Trump s'est plaint du «manque de loyauté» du personnel des services de renseignements.

Donald Trump s'est plaint du «manque de loyauté» du personnel des services de renseignements.

AFP

La Russie s'ingère dans la campagne pour la présidentielle américaine pour faire réélire Donald Trump, ont révélé des responsables du renseignement américain. Donald Trump a réagi en limogeant le chef du renseignement, Joe Maguire, remplacé par un fidèle du président.

Le locataire de la Maison Blanche a laissé exploser sa colère contre Joe Maguire, directeur par intérim du renseignement national - l'agence qui chapeaute les services de renseignement -, lorsqu'il a été mis au courant du briefing du 13 février devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, ont révélé jeudi le Washington Post et le New York Times.

Selon ces journaux, au cours de cette audition, une conseillère de Joe Maguire, Shelby Pierson, aurait dit aux élus présents que la Russie était de nouveau en train d'interférer dans les élections de novembre pour promouvoir la candidature de Donald Trump, qui s'est plaint que les démocrates utiliseraient cette information contre lui.

Selon le New York Times, le président a particulièrement été courroucé par la présence à ce briefing d'Adam Schiff, le démocrate qui a dirigé l'enquête parlementaire suite à laquelle le milliardaire républicain a été mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

«Manque de loyauté»

Joe Maguire était l'un des favoris pour devenir directeur permanent du renseignement mais, selon le Washington Post, Donald Trump se serait retourné contre lui lorsqu'il a été informé de ce briefing classé top secret.

Le président s'en est alors pris à Joe Maguire lors d'une rencontre dans le Bureau ovale la semaine dernière, en le fustigeant pour le «manque de loyauté» de son personnel, selon le Washington Post. Ce qui aurait été le «catalyseur» de la mise à l'écart de Joe Maguire, d'après le journal.

«Nous comptons sur les services de renseignement pour informer le Congrès de toute menace d'ingérence étrangère dans nos élections. Si les informations sont vraies et que le président interfère avec cela, alors il est de nouveau en train de mettre en péril nos efforts visant à arrêter toute ingérence étrangère. Exactement comme nous avions prévenu qu'il le ferait», a réagi Adam Schiff.

«Le président est dans le déni concernant l'ingérence étrangère dans les élections depuis trois ans parce que son ego ne peut pas accepter que la Russie soit intervenue en sa faveur», a de son côté dénoncé le démocrate Bennie Thompson, président de la commission sur la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants.

«En limogeant M. Maguire parce que son personnel a présenté les conclusions franches des services de renseignement au Congrès sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2020, le président ne refuse pas seulement de défendre (le pays) contre les ingérences étrangères, il les encourage», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Un fidèle nommé

Le président a annoncé mercredi qu'il remplaçait Joe Maguire par l'actuel ambassadeur à Berlin Richard Grenell, un de ses fidèles soutiens. Les démocrates ont critiqué la nomination d'un homme n'ayant pas le parcours et l'expérience pour un poste où il devra superviser 17 agences fédérales, dont la CIA.

La porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham a pris jeudi la défense de Richard Grenell, «qui s'est engagé à avoir une approche non partisane ou politique en tant que chef du renseignement». Sur Twitter, Richard Grenell lui-même, partisan affiché de la montée de la droite populiste en Europe, a précisé que sa nomination était temporaire et que Donald Trump choisirait «bientôt» quelqu'un d'autre.

Depuis qu'il a été acquitté par le Sénat lors de son procès en destitution, Donald Trump a limogé plusieurs personnes, notamment au département de la Justice, au Conseil de sécurité nationale ou au Pentagone, les jugeant déloyales.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a fréquemment ignoré l'avis de son ancien chef des services de renseignement, Dan Coats, et l'a tenu à l'écart de certains dossiers, notamment des relations avec la Russie. (nxp/ats)

Trump dénonce une nouvelle «mascarade»

Le président Donald Trump a dénoncé vendredi une «autre campagne de désinformation» des élus démocrates après que les services de renseignement américains eurent rapporté, lors d'un briefing confidentiel au Congrès, des ingérences de Moscou dans la présidentielle 2020.

«Une autre campagne de désinformation est lancée par les démocrates du Congrès, assurant que la Russie me préfère plutôt qu'un des démocrates-qui-ne-font-rien», a tweeté Donald Trump. «Mascarade numéro 7!», a-t-il ajouté, sans expliquer ce chiffre.

(NewsXpress)
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