Actualisé 26.10.2009 à 17:51

Crime raciste en Allemagne

Tuée en plein tribunal: son mari raconte l'horreur

En ouverture d'un procès raciste sous haute surveillance à Dresde (All), un Egyptien a raconté comment son épouse avait été poignardée à mort en plein tribunal.

«L'accusé a soudain attaqué ma femme. Il l'a frappée plusieurs fois et quand je me suis porté à son secours il m'a frappé aussi. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai réalisé qu'il avait un couteau et qu'il l'avait poignardée», a-t-il raconté.

«Après cela, il a commencé à me donner aussi des coups de poignard» , a ajouté Eloui Okaz, 32 ans, qui est arrivé au tribunal appuyé sur des béquilles. Le mari de la victime a également été blessé par balle à la jambe par un policier qui l'avait confondu avec l'assaillant.

Il témoignait devant le tribunal de Dresde (est de l'Allemagne), là même où son épouse Marwa El Sherbini, 31 ans, enceinte de trois mois, a été tuée. L'attaque s'était déroulée sous les yeux du premier enfant du couple, un garçon de 3 ans et demi.

Eloui Okaz, un généticien qui s'est installé en Allemagne en 2004, a raconté comment l'accusé avait attaqué son épouse le 1er juillet pendant qu'il comparaissait en appel après avoir été condamné en première instance à une amende de 780 euros pour insultes racistes envers sa victime.

L'accusé, Alex Wiens, 28 ans, un membre de la minorité allemande de Russie qui a immigré en Allemagne en 2003, a écouté le témoignage derrière une vitre blindée, tandis que quelque 200 policiers étaient déployés tout autour du tribunal pour empêcher tout incident.

Les mains sur le visage, la tête recouverte d'un capuchon, Alex Wiens qui portait des lunettes de soleil malgré l'amende infligée par la juge pour son refus de les enlever, a refusé de s'adresser au tribunal.

Un an auparavant, il l'avait traitée d' «islamiste», de «terroriste», et de «salope», après qu'elle lui eut demandé si son fils pouvait utiliser la balançoire sur laquelle il était assis.

«Il les a poignardés par pure haine envers les non-Européens et les musulmans», a lancé Frank Heinrich, un avocat de l'accusation. «Il voulait les annihiler».

Pendant l'enquête, l'accusé n'a pas caché sa « haine féroce » des non-européens et surtout des musulmans. Les expertises psychologiques n'ont pas relevé d'éléments altérant sa responsabilité.

Au-delà du débat sur la sécurité dans les tribunaux - le policier était intervenu plusieurs minutes après le début de l'agression -, c'est surtout l'absence de réaction des autorités allemandes face à ce fait divers manifestement raciste qui avait choqué l'opinion publique arabe. Une vive émotion avait éclaté en Egypte et des manifestations antiallemandes avaient eu lieu au Caire, puis en Iran et en Turquie.

Outre les membres de la famille de la victime, qui arboraient des pin's avec le portrait de la jeune femme, l'ambassadeur d'Egypte à Berlin Ramzy Ezzeldine Ramzy assistait à l'audience.

(afp)

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