Actualisé 24.03.2015 à 08:37

Tunisie

Tunis accueille la grand-messe altermondialiste

Le 13e Forum social mondial (FSM) débute mardi après-midi à Tunis, moins d'une semaine après l'attaque meurtrière du musée du Bardo.

Ce forum va accueillir jusqu'à samedi des représentants de plus de 4000 organisations, dont une délégation suisse. L'événement porte le slogan «dignité et droits».

C'est la deuxième fois que la capitale tunisienne sert de cadre à ce forum. La manifestation a été maintenue malgré l'attaque perpétrée mercredi passé au musée, laquelle a fait 23 morts, dont les deux assaillants. L'attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI).

Les autorités ont «pris les mesures nécessaires» pour garantir la sécurité du Forum social, a précisé le coordinateur du comité d'organisation, Aberrahmen Hedhili. Ce forum constituera «une réponse de la société civile. (...) Nous devons inventer un monde nouveau et lutter contre ces monstres», a déclaré lundi Gustavo Massiah, membre fondateur du FSM.

Quatre ans après le soulèvement populaire qui a mené à la chute du président Zine al-Abidine Ben Ali, des représentants de plus de 4000 organisations se retrouvent à l'université El Manar. Jusqu'à samedi, ils débattront pour tenter de trouver des idées pour aller vers une globalisation alternative et plus sociale.

Un défilé jusqu'au Bardo est prévu à l'occasion de l'ouverture du FSM. Une des premières animations du FSM aura pour thème «Peuple du monde contre le terrorisme».

Coopération solidaire

Le FSM a été organisé pour la première fois en 2001 à Porto Allegre, au Brésil, comme une contre-manifestation au Forum économique mondial (WEF) de Davos. Parmi les thèmes de l'époque, certains restent d'actualité et feront l'objet de débats, comme la répartition inégale des richesses et le prix que paient société et environnement pour ces inégalités.

Des ateliers se pencheront sur l'importance des mouvements sociaux, la migration ou la coopération solidaire au développement. Pour les participants, le forum est également une occasion d'échanger sur les initiatives et les projets déjà réalisés.

Délégation suisse

Contrairement aux grandes conférences internationales, le FSM n'adopte pas de document final. Ce qui ne l'empêche pas de produire des résultats. Le nouveau parti espagnol Podemos, par exemple, est issu directement du mouvement des Indignés, né en 2008 en pleine crise économique mondiale.

La délégation suisse à Tunis rassemble une soixantaine de personnes - politiciens, syndicalistes et, surtout, des représentants d'ONG comme Alliance Sud, E-CHANGER/COMUNDO ou Amnesty International. Cinq parlementaires fédéraux seront aussi sur place. (ats)

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