Elections turques: Turcs de Suisse mobilisés pour élire leur président
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Elections turquesTurcs de Suisse mobilisés pour élire leur président

Les électeurs de l'étranger peuvent voter dès demain. Cette élection suscite des espoirs de changement au sein de la communauté.

par
Doreen Enssle
Les Turcs de l'étranger ont commencé a voter pour les élections, comme ici à Hanovre. En Suisse, ils pourront glisser leur bulletin dans l'urne dès le 15 juin. Photo: Keystone

Les Turcs de l'étranger ont commencé a voter pour les élections, comme ici à Hanovre. En Suisse, ils pourront glisser leur bulletin dans l'urne dès le 15 juin. Photo: Keystone

Keystone/Julian Stratenschulte

«Cette année, le vote serra serré», pronostique un jeune Turc de 24 ans né en Suisse. Dès le 15 juin, cet habitant de la région lausannoise ira voter au consulat de Genève accompagné de sa famille. Alors qu'en Turquie le scrutin se tient le 24 juin, en Suisse, les électeurs pourront voter jusqu'au 19 juin.

C'est l'actuel président Recep Tayyip Erdogan qui a organisé ces élections anticipées, soit un an et demi avant la date initialement prévue. Celal Bayar, président de la Fédération des associations turques de Suisse romande (FATSR) déplore ce calendrier très serré. L'organisation n'a pas pu organiser de débat entre les différentes formations politiques en lice.

Manque d'information

Les électeurs turcs de Suisse n'ont reçu aucune documentation officielle, ce qui est pourtant «très demandé», souligne Celal Bayar, qui «regrette ce manque d'information». Face aux nouvelles alliances de partis, il se dit lui-même «un peu déboussolé».

Face au président sortant, cinq candidats sont en lice. Parmi eux le social-démocrate Muharrem Ince (CHP), l'opposante nationaliste Meral Aksener (IYI Party), ainsi que Selahattin Demirtas, candidat du Parti démocratique du peuple (HDP, prokurde) qui doit mener sa campagne depuis une cellule de prison.

«On espère que Muharrem Ince arrivera face à Erdogan», lance le jeune votant de 24 ans, qui soutiendra ce candidat du Parti républicain du peuple. A quelques jours du vote, il s'informe grâce «à internet, aux forums en ligne, et aux médias turcs».

Campagne locale

En Suisse, contrairement à ce qui s'était passé en 2017 lors du référendum sur le renforcement du pouvoir présidentiel, aucun responsable du gouvernement ne s'est déplacé pour défendre le point de vue officiel. En revanche, diverses organisations font campagne (lire encadré).

Près de 100'000 électeurs sont inscrits en Suisse. Ils devront se rendre à l'ambassade turque de Berne, au consulat général de Genève ou à celui de Zurich pour déposer leur bulletin. En cas de deuxième tour à la présidentielle, les votes seront à nouveau ouverts du 30 juin au 4 juillet en Suisse.

La campagne s'organise en Suisse

Le Conseil démocratique kurde, qui soutient le HDP prokurde, organise «des réunions tous les soirs» pour sensibiliser les électeurs aux enjeux des élections, explique un responsable contacté par l'ats. Des politiciens de l'AKP, le parti au pouvoir, ont fait campagne dans plusieurs mosquées outre-Sarine, rapporte blick.ch. Contrairement à d'autres pays la Suisse n'interdit pas aux politiciens turcs de faire des apparitions publiques, a confirmé George Farago, porte-parole du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) à swissinfo.ch.

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