Sion (VS): Tyrannique, une brute terrorisait sa famille
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Sion (VS)Tyrannique, une brute terrorisait sa famille

Ecuelle du chien retournée sur la tête du fils végétarien, coups divers: un père menait son monde à la baguette. Il a été sanctionné.

par
Christian Humbert

Kalachnikov, revolvers, fusil à pompe, mousquetons, arbalète, couteaux: la liste des armes que la police valaisanne a découvertes chez ce père de famille fait froid dans le dos. La plupart d'entre elles n'étaient pas déclarées aux autorités et l'épouse affirme qu'il l'en menaçait, ce que l'homme conteste. Mais si ce quinquagénaire a été dénoncé à la justice, c'est d'abord pour avoir terrorisé sa femme durant vingt ans, et leurs trois enfants pendant dix ans.

Outre les nombreuses gifles distribuées, ainsi que les fréquents coups de pied, de poing et de ceinture, il est accusé d'avoir «savonné» le visage de son fils avec de la mayonnaise. Il a aussi saisi la tête de son autre enfant pour la maintenir sous l'eau de sa piscine, car ce dernier l'avait giclé. Et quand, un jour, un gosse reste trop longtemps, selon lui, aux WC, le père enfonce la porte et lui balance de violents coups de pied dans les jambes; le petit boitera ­plusieurs jours. Une autre fois, il déverse le contenu de l'écuelle du chien sur la tête d'un des fils qui, végétarien, refuse de manger de la viande.

Un procureur valaisan a sanctionné, en mai dernier, le prévenu de 80 jours-amende avec sursis et d'une amende ferme de 500 fr. pour lésions corporelles simples, voies de fait et violation de la loi sur les armes. De plus, une difficile procédure de divorce est engagée au sein de ce couple. Des mesures ont aussi été prises, telles que celle d'éloignement imposée au mari, afin que de tels agissements ne se reproduisent plus.

«Il se soigne, mais ne consulte pas de psy»

Avocat sédunois du papa irascible, Me Frédéric Pitteloud note que les agissements litigieux sanctionnés se sont déroulés dans le cadre d'un grave conflit familial. Il relève également les difficultés rencontrées dans l'éducation des enfants, éloignés de leur père «interdit» de visite: «Mon client est conscient de ce qu'il a fait. Il se soigne, mais ne consulte pas de psy. Et il paie les pensions alimentaires. Quant aux enfants, ils n'étaient pas faciles: ils souffraient de grandes carences éducatives.» Me Pitteloud dit ne pas croire à de nouvelles violences.

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