Actualisé 09.07.2020 à 10:56

Suisse

Uber: davantage d’indépendance pour les chauffeurs

L’entreprise revoit son app pour permettre aux chauffeurs d’être plus flexibles. Ceux-ci pourront fixer des tarifs ou choisir ou non une course.

de
leo
Uber propose des nouveautés pour les chauffeurs utilisant son application.

Uber propose des nouveautés pour les chauffeurs utilisant son application.

KEYSTONE

Renforcer l’indépendance des chauffeurs, c’est ce que promet Uber. L’entreprise a annoncé jeudi qu’elle allait introduire dès la semaine prochaine de nouvelles fonctionnalités sur son app. «Les chauffeurs VTC utilisent notre application pour la flexibilité et la capacité à être leur propre patron, a expliqué Steve Salom, directeur général d’Uber en France, Suisse et Autriche. C’est cette capacité à décider, contrôler et réaliser son activité en toute indépendance que nous allons encore renforcer.»

Ainsi, les conducteurs pourront disposer de davantage d’informations sur une course avant de l’accepter ou non. Un nouvel affichage des demandes contiendra le prix minimum de la course net de frais, les frais de service d’Uber, l’estimation de la distance, la ville et le code postal du point de prise en charge et l’estimation du temps d’approche, ainsi que la ville et le code postal du point de dépose. Cette nouvelle fonctionnalité sera en service dès le 20 juillet dans toute la Suisse. «Le chauffeur pourra refuser toutes les courses qu’il souhaite et autant de fois qu’il le souhaite, ce qui est déjà le cas aujourd’hui», précise Luisa Elster, responsable de la communication d’Uber pour l’Europe centrale et de l’est, la Suisse et l’Australie.

Tarif à choix

Autre changement notoire: les chauffeurs pourront fixer eux-mêmes leur propre tarif. Un multiplicateur leur permettra de modifier le prix d’une course «à tout moment de la journée et autant de fois qu’ils le souhaitent». Le tarif standard proposé par Uber pourra être divisé par deux ou être triplé, au maximum. Le client pourra ensuite accepter ou non la course. «Un chauffeur peut tout à fait systématiquement se positionner sur un haut multiplicateur, c’est ensuite aux passagers de décider», assure Luisa Elster. Cette nouveauté sera introduite dès le 23 juillet sur les options UberX, Comfort et Green à Bâle, Genève, Lausanne et Zurich.

Sa propre clientèle

Enfin, les chauffeurs pourront se constituer leur propre clientèle. Un passager qui aura particulièrement apprécié la prestation d’un conducteur, pourra ajouter ce dernier à la fonctionnalité «Chauffeur Favori». A la fin de la course, il suffira d’appuyer sur une icône représentant un cœur. Le chauffeur pourra accepter ou non de faire partie de cette liste. Dès qu’un trajet sera planifié au moins 30 minutes à l’avance, comme par exemple une course pour l’aéroport, le parcours sera proposé en priorité aux chauffeurs favoris du client. Cette nouveauté sera introduite dès le 16 juillet, puis dans un second temps à Genève.

Les chauffeurs utilisant Uber ont été informés de ces changements et pourront faire leur retour sur ces nouveautés d’ici la fin de l’été. Des modifications pourraient être apportées, le cas échéant. «Ces changements sont inédits, souligné Steve Salom. Nous les avons développés pour la Suisse, afin de montrer notre engagement envers le pays. En donnant aux chauffeurs encore plus de transparence et de choix, nous développons des solutions qui renforcent l’indépendance de leur activité, qu’ils apprécient tant.»

Litige judiciaire

Pour rappel, un litige oppose l’Etat de Genève à Uber au sujet du statut des chauffeurs. Le Canton considère que la multinationale est une entreprise de transports, dont les conducteurs sont des employés et non des partenaires, et doit donc payer les charges sociales. L’entreprise américaine estime, quant à elle, qu’elle n’est qu’un simple diffuseur de courses, qui passe un contrat de partenariat avec les chauffeurs qui veulent utiliser sa plateforme. En novembre dernier, Genève a interdit à Uber de poursuivre ses activités. Une décision que la société américaine a contestée auprès de la justice, ce qui a entraîné un effet suspensif.

«Rien ne change», selon Unia

Unia a réagi peu après les annonces d’Uber, estimant que l’adaptation des conditions contractuelles des chauffeurs «ne change rien»: les chauffeurs sont «des employés qui ont droit au salaire, au remboursement des frais, aux vacances et aux cotisations aux assurances sociales», écrit le syndicat. «Le groupe Uber qui refuse ce droit à ses chauffeurs et chauffeuses leur doit déjà plus de 500 millions de francs, selon les calculs d’Unia. Les assurances sociales auraient jusqu’ici aussi perdu plus de 100 millions de francs, car Uber refuse d’assumer ses obligations d’employeur.» Le syndicat rappelle que «la Suva, en tant qu’autorité compétente, prend la même décision dans tous les cas et à juste titre: les chauffeurs d’Uber sont des salariés et l’employeur Uber est tenu de les assurer.»

Unia demande aux autorités de «mettre un terme au jeu du chat et de la souris d’Uber»: «La Confédération doit restaurer la crédibilité des autorités étatiques et présenter un plan établissant comment elle entend faire respecter les lois.» Une table ronde des partenaires sociaux est réclamée de toute urgence pour trouver des solutions et des adaptations légales «sont éventuellement nécessaires.»

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15 commentaires
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Baissez les Prix UBER

10.07.2020 à 08:41

Si les prix montent, je ne vais absolument pas prendre UBER mais pas pour autant prendre un taxi officiel. Tant pis, les gens feront comme avant. Ils prendront la voiture le soir et tant pis si il y a trop d'alcool pour la rentrée.

Mike

10.07.2020 à 06:05

Rien à cirer... je ne sais même pas ce que c'est

Didier

09.07.2020 à 13:19

UBER est interdit en Suisse!