Uber: Uber peut continuer d'exercer à Genève

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UberUber peut continuer d'exercer à Genève

La justice genevoise a débouté les taxis professionnels dans le conflit qui les oppose à la société de voiturage avec chauffeur.

par
mag

Estimant que l'entreprise californienne pratique la concurrence déloyale, les taxis genevois avaient saisi la justice en novembre dernier. Ils avaient demandé au tribunal de faire cesser les activités d'Uber. Celui-ci n'a pas accédé à leur requête, a-t-il annoncé vendredi. La Cour de justice a estimé qu'il n'y avait pas de dommage, a fait savoir Jacques Roulet, l'avocat qui défend les milieux professionnels du taxi dans cette procédure. Un recours pourrait être déposé au Tribunal fédéral contre ce refus de prendre des mesures provisionnelles urgentes.

Dans son jugement, la Cour de justice a, d'une certaine façon, renvoyé la balle au Département de la sécurité et de l'économie (DSE), a résumé Me Roulet. Le tribunal a estimé qu'il appartient à l'autorité administrative de faire en sorte que la loi sur les taxis soit respectée. Il suffit pour la Cour de justice que le DSE fasse son travail pour qu'il n'y ait plus de concurrence déloyale, a poursuivi l'avocat. Le tribunal a aussi fait savoir qu'Uber n'a jamais présenté ses activités comme un service de taxis et qu'il n'existe pas de preuves de dumping sur les prix de sa part.

Me Roulet espère que l'administration genevoise va agir. Le temps presse, a-t-il toutefois souligné. Dans le milieu des taxis professionnels, la colère gronde et des débordements pourraient se produire si des mesures de contrainte ne sont pas prises rapidement par le canton.

«On nous accuse de concurrence déloyale, c'est quand-même sérieux!»

Du côté d'Uber Suisse, on se félicite de la décision de la Cour de justice de Genève. «On nous accuse de concurrence déloyale, c'est quand-même sérieux!» note Steve Salom, directeur général d'Uber pour la Suisse romande. Selon lui, en instaurant une clause d'exclusivité, c'est la société Taxiphone elle-même qui a crée une concurrence. «Les chauffeurs utilisant notre plateforme ainsi que les utilisateurs sont ravis, il y a une très forte demande et une croissance exceptionnelle d'un côté comme de l'autre, poursuit le directeur général. Cette décision est donc une excellente nouvelle pour nous, nous allons continuer à opérer, dans la légalité.»

La société relève que les plaignants n'ont notamment pas été en mesure d'apporter «la preuve d'un impact réel des opérations d'Uber sur leur chiffre d'affaires». Elle souligne aussi que la justice a admis qu'Uber n'a jamais fourni d'informations mensongères quant à ses activités, son offre et ses prix.

Uber a commencé ses activités à Genève en septembre. La société, qui offre un service de voiturage avec chauffeur via une application pour smartphone, est déjà présente dans plus de 290 villes dans le monde. (mag/ats)

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