Banque: UBS dégage un bénéfice net de 577 millions
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BanqueUBS dégage un bénéfice net de 577 millions

Le troisième trimestre aura été favorable à la banque suisse.

La banque suisse, en grande difficulté, avait dû être sauvée par le gouvernement.

La banque suisse, en grande difficulté, avait dû être sauvée par le gouvernement.

Dans un environnement éprouvant affecté par le ralentissement saisonnier, UBS a dégagé un bénéfice net de 577 millions de francs au troisième trimestre 2013, contre 690 millions trois mois plus tôt.

Le gendarme suisse des marchés financiers exige de la grande banque une augmentation des actifs pondérés du risque pour des questions liées à des litiges.

Le résultat avant impôts de juillet à septembre s'élève à 356 millions de francs, a annoncé mardi le numéro un bancaire helvétique. Un montant notamment grevé par des provisions pour litiges et affaires juridiques à hauteur de 586 millions.

A la même période en 2012, l'établissement aux trois clés accusait une perte de 2,13 milliards de francs liée à la restructuration de sa banque d'affaires. Un an après, le patron d'UBS, Sergio Ermotti, se déclare satisfait de l'avance prise sur les objectifs clés. «Ce trimestre était le véritable test», a-t-il dit en conférence avec les agences.

Le titre UBS dégringolait mardi matin à la Bourse suisse. Avec des revenus, marge brute et apports de fonds neufs en déclin sur trois mois, la performance correspond aux attentes du marché, qui tablait sur un bénéfice net entre 442 et 700 millions de francs. Pour rappel, le dauphin Credit Suisse a publié jeudi dernier un bénéfice net de 454 millions de francs.

Afflux d'argent frais en repli

Dans son coeur de métier, la gestion de fortune (Wealth Management), le bénéfice avant impôts a stagné sur trois mois à 555 millions de francs. L'afflux net d'argent frais a reculé à 5 milliards, après plus de 10 milliards trois mois auparavant. A 218 millions de dollars, Wealth Management Americas n'a pas battu le record du trimestre précédent et ses entrées nettes de nouveaux fonds ont elles aussi fléchi de 2,8 à 2,1 milliards de dollars.

Après un bon premier semestre, la banque d'affaires (Investment Banking) enregistre un résultat avant impôts de 251 millions de francs pour la période sous revue. Objet d'un redimensionnement drastique, l'unité avait dégagé 775 millions entre avril et juin.

Sergio Ermotti assure que le plan d'économies, à savoir 5,4 milliards de francs d'ici fin 2015, suit son cours, avec à la clé, la suppression de quelque 10'000 postes. «Nous sommes à mi-chemin de nos objectifs», a relevé le Tessinois. Au 30 septembre, UBS employait 60'635 collaborateurs (équivalents plein-temps), soit 119 de moins qu'à fin juin.

Le directeur général n'est pas en mesure de prévoir «quand reviendra l«appétit pour le risque». La banque s'attend à ce que la confiance de ses clients et ses niveaux d'activité, notamment les afflux d'argent frais, continuent de pâtir de vents contraires au dernier trimestre.

Ordre de la FINMA

UBS prévoit par ailleurs ajouter 2,5 milliards de francs à ses capitaux propres dits «durs» en exerçant au 4e trimestre son option d'achat sur le fonds de stabilisation (StabFund) de la Banque nationale suisse (BNS). L'opération renforcera son ratio de capital de première catégorie (CET1) selon la réglementation Bâle III d«environ 100 points de base, contre 70 à 90 anticipés en juillet.

Entre fin juin et fin septembre, le numéro un bancaire helvétique a augmenté son ratio de fonds propres CET1 de 11,2% à 11,9%, souligne UBS, qui s'estime la banque la mieux capitalisée parmi ses pairs. Les actifs pondérés du risque (RWA) du groupe ont été réduits de 20 milliards de francs à 219 milliards.

Or à la fin du trimestre, UBS s'est vu ordonner par l«Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), dès le 1er octobre, une augmentation temporaire de 50% des actifs pondérés en fonction du risque opérationnel pour des questions liées à des litiges. La décision, temporaire, devrait augmenter de 28 milliards les actifs pondérés en fonction du risque opérationnel, calcule UBS.

Cet effet sera partiellement compensé par la contribution révisée à la hausse du StabFund, souligne Sergio Ermotti. «Si l'augmentation de la FINMA ne sera pas éliminée, l'ambition d'atteindre d'ici 2015 un rendement des fonds propres de 15% - initialement prévu pour 2015 - sera retardée d'au moins une année», prévient le groupe bancaire.

Selon UBS, aucune indication n'existe d'un lien entre cette décision et l'enquête en cours du gendarme financier à l'encontre de plusieurs instituts suisses pour manipulations des cours de monnaies étrangères. (ats)

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