Banques: UBS dépasse les attentes au deuxième trimestre
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BanquesUBS dépasse les attentes au deuxième trimestre

La grande banque helvétique a enregistré un bénéfice net de 1,23 milliard de dollars au second trimestre. Des résultats salués dans un contexte marqué par la pandémie.

En raison de la pandémie, UBS s’attend à des provisions pour crédits élevées au second semestre.

En raison de la pandémie, UBS s’attend à des provisions pour crédits élevées au second semestre.

KEYSTONE

UBS a fait preuve de résilience au deuxième trimestre, dans un contexte marqué par la pandémie de coronavirus. Les résultats ont dépassé les attentes du consensus AWP, en dépit de nouvelles provisions pour risques de crédits. Les actionnaires devraient en tirer profit, avec la reprise possible dès le dernier partiel du programme de rachat d’actions.

La grande banque a enregistré un bénéfice net de 1,23 milliard de dollars (presque l’équivalent en franc) au deuxième trimestre, en baisse de 11,5% sur un an, a-t-elle indiqué mardi. L’évolution a été similaire pour le bénéfice avant impôts, en repli de 10% sur un an à 1,58 million, mais en progression de 5% en excluant les provisions pour crédits, lesquelles se sont élevées à 272 millions. Sur l’ensemble du premier semestre, ces provisions ont atteint 540 millions.

Le produit d’exploitation a essuyé une légère baisse de 1,7% sur un an à 7,40 milliards, pour des charges de 5,82 milliards. Le ratio coûts-revenus s’est détérioré d’un point de pourcentage à 75,8%.

Le ratio de levier (CET1, pleinement appliqué) s’est inscrit à 3,92%, contre 3,84% un an plus tôt.

Les résultats ont dépassé les attentes du consensus, en particulier pour le bénéfice net, attendu à 932 millions.

À l’exception de Personal & Corporate Banking, qui regroupe les activités suisses et où les provisions pour crédits ont pesé, les principales divisions ont inscrit des résultats stables ou en hausse, en particulier dans la banque d'affaires et la gestion d’actifs.

Afflux d’argent

L’afflux d’argent nouveau a atteint 9 milliards dans la gestion de fortune, contre 12 milliards lors du trimestre précédent.

Les résultats ont dépassé les attentes du consensus. Les analystes consultés par AWP tablaient en moyenne sur un produit d’exploitation de 7,30 milliards, des charges d’exploitation de 5,85 milliards et un bénéfice avant impôts de 1,28 milliard. Pour le bénéfice net, le consensus s’était établi à 932 millions.

En raison de l’incertitude liée à la pandémie, il faut s’attendre à des provisions pour crédits élevées au second semestre, mais en dessous de celles enregistrées au premier semestre, précise la banque. Toutefois, la majorité de l’exposition aux crédits est en Suisse ou dans la gestion de fortune, soit de bonne qualité.

Des nouvelles en automne

En fonction de l’évolution des affaires et les perspectives pour la deuxième moitié de l’année, la banque pourrait reprendre son programme de rachat d’actions au quatrième trimestre. De nouvelles informations devraient être fournies à ce sujet au mois d’octobre, a indiqué le directeur général (CEO) Sergio Ermotti mardi lors d’une téléconférence.

Il faudra également prendre en compte le procès en appel en France, initialement prévu en juin et désormais reporté en mars 2021. Dans la mesure où il s’agit d’un événement unique et pas d’un problème structurel, cela ne devrait pas influencer la stratégie de rétribution de la banque envers ses actionnaires, selon le directeur.

1 travailleur sur 3 depuis la maison

Dans tous les cas, l’optimisme est de mise quant au versement de la deuxième partie du dividende au titre de l’exercice 2019. La décision sera prise en novembre lors d’une assemblée générale extraordinaire, après la publication des résultats au troisième trimestre, si les autorités ne s’y opposent pas.

Au niveau organisationnel, la pandémie de coronavirus aura des effets sur le long terme pour la banque, qui considère que jusqu’à un tiers des collaborateurs pourraient travailler depuis leur domicile. Ces changements pourront avoir un impact sur le nombre de filiales, même si cela prendra du temps. Aucune réduction drastique d’effectifs n’y sera toutefois associée, a précisé Sergio Ermotti.

Des résultats qui font débat

Dans l’ensemble, les analystes ont salué des résultats supérieurs aux attentes. L’annonce de la possible reprise du programme de rachat d’actions en a également surpris positivement certains.

D’autres se sont par contre montrés dubitatifs sur les provisions pour crédits au second semestre, qui sont escomptées en baisse par UBS par rapport au premier et ce, alors même que les analystes s’attendent à ce que la vague de faillites n’intervienne qu’en fin d’automne.

Vers 12h30, le titre UBS avançait de 3,5% à 11,66 francs, dans un SMI en hausse de 0,25%. Le concurrent Credit Suisse était entraîné dans son sillage (+3,5% à 10,41 francs).

(ATS/NXP)

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