Actualisé 16.10.2008 à 12:51

EconomieUBS diminuera ses positions à risques «quasi à néant»

Comme annoncé lors de son assemblée générale début octobre, UBS a dégagé un léger bénéfice au troisième trimestre, de 296 millions de francs.

Le transfert de titres illiquides de l'UBS vers un fonds contrôlé par la Banque nationale (BNS) lui permettra de réduire «presque à néant» ses positions à risque. Après l'opération, il restera 0,7 milliard de dollars de titres risqués, contre 44,2 milliards fin juin.

Selon l'accord passé avec la BNS, la première banque suisse transfère ses titres actuellement illiquides et d'autres titres de dette non américains pour un montant maximum de 60 milliards de dollars. Un fonds séparé sera créé. Il appartiendra à la BNS.

Le fonds sera financé par UBS à hauteur de 6 milliards de dollars et par un prêt de la BNS de 54 milliards de dollars maximum. L'échéance est de huit ans, prolongeable jusqu'à 10 ou 12 ans.

«Nous ne sommes donc pas sous pression», s'est félicité jeudi matin le patron de l'UBS Marcel Rohner lors d'une conférence téléphonique. Il a aussi évoqué un remboursement possible dans un délai de 5 ans.

Par ailleurs, la banque lèvera 6 milliards de francs d'argent frais. L'opération se fera par une émission d'obligations à conversion forcée (»mandatory convertibles notes», MCN), entièrement placée auprès de la Confédération.

3e assemblée extraordinaire

L'émission de MCN devra être adoptée par une assemblée générale extraordinaire, agendée «vers fin novembre», selon l'UBS. Ce sera la troisième de l'année pour la grande banque.

La majorité des actifs à risques qui seront transférés sont adossés à des titres américains. A fin juin, ils réprésentaient 44,2 milliards de dollars, puis 31,8 milliards fin septembre. Après le transfert, avec un solde de 0,7 milliard de dollars, «l'exposition sera réduite à presque néant», affirme la banque.

Autres positions

A ces près de 32 milliards s'ajoutent 18 milliards de dollars représentés par d'autres titres de dette, non américains «pour la plupart», qu'UBS transfère également dans le fonds. La banque rappelle vouloir réduire ses ativités de titrisation.

La différence entre le transfert de près de 50 milliards et le montant annoncé de 60 milliards s'explique par les ventes et déprécisations effectuées entre mi-septembre et fin septembre, précise UBS.

«Davantage qu'un programme: un accord»

Après remboursement du prêt, UBS a une option de rachat du capital-actions du fonds, aux modalités strictement définies. Les gains éventuels réalisés par les actifs seront partagés entre la BNS et UBS.

«Cette solution contribue à la stabilité du système financier en assurant une vente régulière des actifs en question», écrit UBS. «Elle est meilleure que d'autres solutions trouvées à l'étranger, car nous avons un véritable accord et pas seulement un programme», a déclaré Marcel Rohner, faisant référence aux contours non encore complètement définis du plan américain.

Pas de bonus en 2008

«Cette solution, rapide, claire, complète et définitive, s'attaque aux racines du problème, a précisé le directeur général. Selon lui, la voie trouvée avec la BNS est «raisonnable du point de vue des coûts et des conditions posées.»

En l'état actuel, la banque estime que la transaction pèsera sur ses bénéfices à hauteur de près de 4 milliards de francs suisses. Parmi les conditions posées par la BNS figure un droit de regard sur les indemnités des cadres. «Il s'agit d'intégrer les standards internationaux, mais aucun plafond n'a été fixé», a précisé le président Peter Kurer.

«En ce qui me concerne, étant donné que nous aurons une perte en 2008, je ne toucherai pas de bonus». Peter Kurer a précisé que sa rémunération serait inférieure à dix millions de franc.

(ats)

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