Affaire UBS: «UBS est la principale responsable»

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Affaire UBS«UBS est la principale responsable»

Le conseiller national vaudois Pierre-François Veillon a vivement critiqué lundi le rôle joué par la grande banque et le Conseil fédéral dans l'affaire UBS.

Hans-Rudolf Merz, Micheline Calmy-Rey et Eveline Widmer-Schlumpf en ont pris pour leur grade lundi. A aucun moment, les informations qu'ils détenaient sur l'affaire UBS n'ont remonté au Conseil fédéral, a critiqué Pierre-François Veillon (UDC/VD) au nom des commissions de gestion.

Le gouvernement n'a pas pu anticiper et analyser l'importance politique d'une telle affaire. Le ministre des finances Hans-Rudolf Merz a d'abord travaillé seul. Il a créé un groupe interdépartemental de travail mais ne lui a pas donné de mission.

La ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey recevait régulièrement des informations de son collaborateur dans ce groupe mais aussi de l'ambassadeur suisse à Washington. Mais l'affaire UBS n'est pas évoquée dans un séminaire sur le secret bancaire organisé par le département de Mme Calmy-Rey, s'est étonné M.Veillon.

Eveline Widmer-Schlumpf a reçu elle aussi des informations. Quant à la Chancellerie fédérale, qui doit coordonner les dossiers importants, elle n'a pas fait son travail non plus. Pourtant, les signaux étaient permanents et venaient de l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA), de l'ambassade à Washington et du groupe interdépartemental.

UBS doit faire la lumière

Pour l'UDC vaudois, tout le Conseil fédéral a manqué de curiosité. Son attitude a été «particlièrement grave». Au final, le gouvernement s'est retrouvé coincé et ne pouvait qu'approuver l'accord d'entraide administrative avec les Etats-Unis.

M. Veillon s'en est également pris à la Commission fédérale des banques, qui doit revoir sa copie. Le rapport qu'elle a rendu ne doit pas être considéré comme un acquittement envers les hauts dirigeants d'UBS.

Quant à la banque, elle «est la principale responsable de cette affaire» à cause de ses activités aux Etats-Unis. Et l'UDC vaudois d'appeler UBS à son devoir de transparence. «Le public a le droit de savoir ce qui s'est passé à l'interne d'UBS».

(ats)

«On ne peut pas en rester là»

Le conseiller aux Etats Alain Berset estime que si le rapport est «un travail intéressant», la création d'une CEP demeure nécessaire. Elle permettrait notamment d'examiner le rôle et l'attitude de l'UBS.

Le rapport souligne le manque d'indépendance de la FINMA, a expliqué à l'ATS le vice-président du groupe socialiste. Mais il ne s'est pas prononcé sur les raisons de cette dépendance. Il faut établir «des mesures concrètes pour garantir l'indépendance».

Si aucune CEP n'est instituée, le rapport ne serait qu'une demi- mesure, estime-t-il, «On ne peut pas rester au milieu de la rivière». Le Fribourgeois tire également à boulet rouge sur l'UBS, dont il faut examiner le rôle et l'attitude, ce qu'une CEP rendrait possible.

Interrogé sur les critiques que le rapport adresse à Micheline Calmy-Rey, Alain Berset a répliqué avoir «constaté que le Conseil fédéral dans son ensemble a manqué de curiosité et s'est contenté d'informations lacunaires»

Alain Berset n'a pas voulu se prononcer sur une éventuelle démission d'Hans-Rudolf Merz: «je ne suis pas là pour réclamer des démissions».

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