Conjoncture: UBS maintient ses prévisions de croissance
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ConjonctureUBS maintient ses prévisions de croissance

Les économistes d'UBS estiment que l'acceptation le 9 février de l'initiative contre l'immigration de masse ne va pas pénaliser la croissance économique de la Suisse cette année et en 2015.

UBS confirme ainsi sa prévision de hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,1% pour 2014, révélateur d'une solide dynamique. La progression devrait même s'accélérer l'an prochain avec un taux de 2,4%, a indiqué mercredi à Zurich la banque en publiant sa dernière enquête «UBS Outlook Suisse» auprès de 385 entreprises.

«Une bonne moitié des entreprises craignent d'avoir davantage de difficultés à recruter du personnel qualifié en cas de contingentement de la main-d'oeuvre étrangère», a expliqué Lukas Gähwiler, directeur général d'UBS Suisse. Une contrainte qui pourrait causer une hausse des salaires.

Modèle suisse en péril

Selon ces entreprises, le verdict populaire vient mettre en péril ce qui constitue l'atout de la forte compétitivité de la Suisse, à savoir un marché de l'emploi ouvert et extrêmement flexible. Pour la suite, «tout dépendra du système de contingentement appliqué», a commenté le numéro un bancaire helvétique.

Une chose est certaine: la Suisse n'échappera pas à une pénurie de main-d'oeuvre. Recourir au potentiel interne - participation accrue des femmes et des seniors au marché du travail par exemple - n'offrira qu'un répit momentané.

En effet, la Suisse est déjà l'un des pays où le taux d'emploi féminin est le plus élevé, a précisé le directeur général d'UBS Suisse. Même si, en l'état, seules 41% des femmes occupent un poste à temps complet.

Les défis demeurent donc, dans un contexte de vieillissement de la population et de baisse de la natalité, à l'instar de ce qui se passe dans la plupart des pays industrialisés. La Suisse a pu jusqu'à présent échapper à cette tendance lourde grâce à l'immigration, a relevé Lukas Gähwiler.

Variations selon les cantons

De plus, la situation varie selon les cantons, la plupart d'entre eux n'étant concernés finalement que de loin. UBS rappelle ainsi que 45% des travailleurs immigrés sont localisés dans les seuls cantons de Zurich, Genève et Vaud. Les cantons frontaliers dépendent en outre largement de la main-d'oeuvre frontalière.

La grande banque cite en guise d'exemple les cantons du Jura et du Tessin, qui ces prochaines années devront plus que jamais compter sur une main-d'oeuvre étrangère domiciliée en France ou en Italie pour occuper les emplois qui seront créés. A Genève, c'est déjà le cas pour près de la moitié des postes apparus depuis 2001.

D'où la nécessité de demander leur avis aux cantons sur la question des contingentements. Les premiers effets de la nouvelle politique à mettre en place après le 9 février ne se feront cependant sentir que dans deux ou trois ans. C'est pourquoi les économistes de l'établissement bancaire restent optimistes à court terme.

La dynamique de croissance pour 2014 et 2015 sera soutenue à la fois par la consommation privée, à l'instar de ces dernières années, et, nouvellement, par les effets progressifs de la reprise économique en cours dans les pays de la zone euro.

L'embellie dans la zone euro, conjuguée au dynamisme de l'activité domestique, profitera évidemment aux entreprises exportatrices. D'où le surplus de croissance attendu dans un horizon à 20 mois. Les investissements en Suisse contribueront également à soutenir la tendance. (ats)

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