Résultats en demi-teinte: UBS pourrait supprimer jusqu'à 5000 postes
Actualisé

Résultats en demi-teinteUBS pourrait supprimer jusqu'à 5000 postes

La banque a dégagé un bénéfice net de 1 milliard de francs au second trimestre 2011. Montant en baisse de moitié par rapport à la même période en 2010. Des postes vont être supprimés.

Touchée par la crise de l'endettement et l'appréciation du franc, UBS a vu son bénéfice net plonger de près de moitié en comparaison annuelle au 2e trimestre 2011. Face aux incertitudes, le numéro un bancaire suisse se prépare à de nouvelles suppressions d'emplois.

«Nous sommes encore en train d'évaluer la situation et ne pouvons donc pas donner plus de détails pour l'instant», a déclaré le patron d'UBS, Oswald Grübel, interrogé sur l'ampleur de cette restructuration lors de la présentation des comptes mardi à Zurich.

Pour l'heure, l'on sait juste que le programme d'économies de 1,5 à 2 milliards de francs sur deux à trois ans prévu par le numéro un bancaire suisse concernera «toutes les divisions».

Symétrie des sacrifices

Selon certains observateurs, plusieurs milliers de postes parmi les 65'707 que comptait la banque à fin juin 2011 pourraient être concernés. UBS avait déjà drastiquement réduit le nombre de ses salariés pendant la crise financière. Elle employait encore plus de 83'000 collaborateurs en 2007.

L'Association suisse des employés de banque (ASEB) a immédiatement fait savoir qu'elle exigeait une «symétrie des sacrifices». Le personnel a fortement contribué aux baisses de coûts de ces dernières années et il faut désormais chercher des économies au niveau du top management et des banquiers d'affaires, dont les salaires ont augmenté, a-t-elle souligné.

Face à la pression, UBS n'est pas la seule banque à annoncer des baisses d'effectif. L'établissement britannique Lloyds s'apprête à biffer 15'000 postes et l'américain Goldman Sachs 1000. Les analystes s'attendent aussi à des coupes chez Credit Suisse, qui communiquera ses résultats jeudi.

Objectifs à la baisse

Autre conséquence des turbulences du marché, UBS a indiqué qu'elle ne serait probablement pas en mesure de réaliser l'objectif de rentabilité à moyen terme qu'elle s'était fixé en 2009. L'établissement escomptait dégager un bénéfice avant impôts de 15 milliards de francs dans un horizon de trois à cinq ans.

Tom Naratil, directeur financier du groupe, a précisé que la banque ne revoyait pas sa prévision, mais uniquement son calendrier, sans toutefois se montrer plus clair concernant ce dernier. UBS en dévoilera davantage sur ses perspectives en novembre.

Côté chiffres, UBS a dégagé un bénéfice net de 1,015 milliard de francs entre avril et fin juin, contre 2 milliards un an auparavant et 1,81 milliard durant le 1er trimestre 2011.

Inférieure aux attentes des analystes - lesquels tablaient sur un bénéfice net de 1,2 milliard, selon le consensus de l'agence financière AWP - la performance a été sanctionnée par les investisseurs. L'action UBS a lâché jusqu'à 4,25% en cours de séance. A la clôture, elle s'affichait à 13,50 francs, ou 2,88% de moins que lundi soir, dans un marché qu'elle a contribué à tirer à la baisse.

«Pas l'intention de partir»

Lors du trimestre sous revue, les revenus ont fléchi de 14% au regard des trois premiers mois de l'année, à 7,17 milliards de francs. L'établissement a notamment souffert du manque d'entrain de ses clients à investir. Les charges se sont en parallèle réduites de 16,6% à 5,51 milliards.

L'afflux net de capitaux s'est pour sa part inscrit à 8,7 milliards, contre 22,3 milliards à fin mars. Bien loin des prévisions des analystes, qui tablaient sur 14,8 milliards de nouveaux fonds.

Appelé à la rescousse en 2009 pour redresser les comptes de la banque alors en pleine crise, Oswald Grübel ne se laisse pas décourager par les résultats mitigés et a réaffirmé son intention de rester encore quelque temps en poste. «Il semble que mon expérience soit pour le moment encore nécessaire», a-t-il dit. (ats)

Ton opinion