Assemblée générale: UBS veut plus de capital
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Assemblée généraleUBS veut plus de capital

UBS demandera à ses actionnaires de créer un capital conditionnel et un capital autorisé lors de l'assemblée générale du 15 avril à Zurich.

Le premier doit servir de garantie à la BNS, le deuxième donner la flexibilité de lever d'éventuels nouveaux fonds.

Le capital conditionnel permettrait le cas échéant à UBS de satisfaire rapidement ses obligations envers la Banque nationale suisse (BNS) dans le cadre de la reprise par celle-ci d'actifs illiquides, a expliqué jeudi la première banque helvétique. Son montant portera sur un montant maximal de 10 millions de francs.

L'opération reviendra à émettre des options en faveur de la BNS. Celles-ci ne pourraient toutefois être exercées que si la banque centrale devait subir des pertes sur son prêt accordé au fonds de stabilisation géré par l'institut d'émission monétaire. Le nombre d'actions à émettre en cas d'exercice serait de 100 millions.

Capital autorisé

Quant au capital autorisé, il doit permettre à UBS de se donner davantage de flexibilité pour lever des capitaux sur les marchés financiers, si la banque venait à manquer de fonds propres. L'opération porte ici sur une somme maximale d'un peu plus de 29,3 millions de francs.

Une éventuelle augmentation de capital dans ce cas n'excéderait pas un dixième du capital-actions actuel, soit un peu plus de 293 millions de titres. Le conseil d'administration pourra solliciter l'instrument selon les besoins de l'établissement bancaire dans les deux ans, au plus tard le 15 avril 2011.

Avec ce capital autorisé, l'UBS veut se donner une marge de manoeuvre accrue. L'an dernier, elle n'a pas pu agir aussi rapidement que certaines de ces concurrentes quand il lui a fallu augmenter par deux fois son capital-actions. Sans oublier qu'elle a obtenu un prêt de la Confédération de 6 milliards de francs.

Rachat d'obligations

La banque a aussi annoncé le rachat d'obligations propres pour un montant maximum de près d'un milliard d'euros (1,54 milliard de francs). L'offre concerne quatre obligations (de catégorie 2 de second niveau) avec échéance entre novembre 2015 et septembre 2019, dont la valeur nominale atteint près de 7 milliards de francs.

Avec cette opération qui court jusqu'au 25 mars, UBS entend profiter de deux phénomènes favorables: des liquidités disponibles en suffisance et des titres qui se négocient pour l'heure à une valeur inférieure au prix d'émission. La plus-value attendue servira à «légèrement» renforcer les fonds propres.

Au-delà, la prochaine assemblée générale devrait attirer la grande foule au Hallenstadion de Zurich. Elle marquera la fin de la brève ère Peter Kurer (à peine un an), ce dernier devant à cette occasion céder la présidence du conseil d'administration de l'UBS à l'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger.

Villiger président

Les actionnaires éliront trois nouveaux administrateurs en plus de Kaspar Villiger, pour remplacer notamment Ernesto Bertarelli qui arrête après sept ans dans cette fonction. L'événement survient alors que la banque est judiciairement embourbée aux Etats-Unis et qu'elle a essuyé une perte record de 20,9 milliards de francs en 2008.

A la Bourse suisse, l'annonce de la création de capitaux conditionnel et autorisé ainsi que l'opération avec les obligations a suscité l'enthousiasme. L'action UBS s'envolait de 8% vers 10h30, dans un marché (SMI) lui-même bien orienté (&1,5%), sur fond de mesures de soutien conjoncturel prises par la Fed outre-Atlantique.

(ats)

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