Banques: UBS vise les 15 milliards de francs de bénéfice
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BanquesUBS vise les 15 milliards de francs de bénéfice

L'UBS est confiante sur l'évolution des affaires en 2010 et table sur un bénéfice avant impôt de 15 milliards de francs.

Son rapport annuel 2009 publié lundi révèle que la mise en place d'une nouvelle direction a coûté cher au numéro un de la place financière suisse. La rémunération des «top-managers» a été multipliée par sept en une année, le mieux payé étant le chef de la banque d'investissement avec plus de 13 millions de francs.

Le président du conseil d'administration d'UBS Kaspar Villiger et le président de la direction Oswald Grübel ont souligné qu'ils s'attendent à ce que les progrès réalisés en matière de réduction des risques et de réorientation des affaires déploient pleinement leurs effets en 2010. Ils se déclarent confiants sur l'efficacité des mesures prises afin d'enrayer la fuite des capitaux, tout en tablant sur une évolution négative à court terme liée à une pression certaine sur les marges.

Les patrons de l'UBS relèvent également que les résultats du groupe dépendent de la constitution des marchés et qu'en janvier et février 2010, la majorité des unités commerciales de la banque a profité d'un environnement favorable. Ils ont également maintenu leur objectif de porter à moyen terme à 15 milliards de francs le bénéfice avant impôt.

Le rapport d'activité 2009 montre que la mise en place d'une nouvelle direction après la débâcle de la banque a coûté cher. Il reflète «les efforts d'adapter les salaires et les bonus à un succès durable» mais également de recruter des talents et de les conserver.

Direction mieux rémunérée

L'ensemble des rémunérations des membres de la direction est passé de 9,1 à 68,7 millions de francs entre 2008 et 2009. En outre, la banque a versé 41 millions aux membres de la direction qui ont quitté leurs fonctions. En 2008, cette catégorie n'était dotée que de 2,1 millions. La rétribution des membres du conseil d'administration a régressé de 10,3 à 7,9 millions, notamment à cause de la réduction volontaire du salaire de Kaspar Villiger.

Le dirigeant de l'UBS le mieux payé l'an dernier est Carsten Kengeter, co-directeur de la banque d'investissement, avec 13 millions de francs. La plus grande partie de sa rémunération est versée sous forme d'actions bloquées durant trois à cinq ans.

Le patron Oswald Grübel a renoncé à toucher un bonus, comme il l'avait annoncé précédemment. La banque lui a cependant versé 13,1 millions de francs à son arrivée à titre de dédommagement. Ce montant compense le programme de bonification de Credit Suisse auquel il a dû renoncer à cause d'un conflit d'intérêt avec ses nouvelles fonctions.

Coûteux départs

Le départ et, de fait, le licenciement de plusieurs dirigeants a coûté encore plus cher à l'UBS. Pour des raisons contractuelles, la banque a versé environ 39 millions de francs à six d'entre eux, en l'occurrence Marcel Rohner, Jerker Johansson, Raoul Weil, Walter Stürzinger, Rory Tapner et Marten Hoekstra.

Le patron de la banque Marcel Rohner a obtenu à lui seul un salaire annuel de 1,5 million de francs en application du délai de résiliation de son contrat, de 12 mois. Il n'a pas touché de bonus mais a reçu un montant unique de 1,2 million pour sa caisse de pensions.

Le président du conseil d'administration Peter Kurer, qui a quitté ses fonctions à fin avril 2009, a encaissé 0,8 million de francs de salaire et un forfait de 1 million pour ses prestations de conseil. L'UBS lui a également accordé un montant unique de 3,3 millions pour sa caisse de pensions. (ap)

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