Actualisé 27.04.2008 à 09:38

Ueli Leuenberger prend la tête des Verts

Ueli Leuenberger, qui a pris la tête des Verts suisses samedi, a marqué ces dernières années le parti de son empreinte «sociale».

Mais le Genevois de 56 ans, dont l'accent trahit encore les origines bernoises, devra d'abord faire oublier son image d'ennemi des femmes».

Au sein du parti, certaines d'entre elles lui avaient collé cette étiquette après qu'il a refusé l'idée de co-présider le parti avec Franziska Teuscher. Ueli Leuenberger avait estimé la question du sexe secondaire par rapport à la nécessité de professionnaliser la fonction. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas sensible à la cause féminine.

Développement durable

Antinucléaire convaincu, M. Leuenberger est entré en politique en 1988, l'année où les projets des centrales de Kaiseraugst (AG) et Graben (BE) - à 3km de son lieu de naissance - sont enterrés. Outre la protection de l'environnement, les questions sociales et la défense des étrangers préoccupent largement ce fils d'ouvrier, presque parfaitement bilingue.

S'il se voit prêt à collaborer avec les Verts libéraux sur l'écologie, il juge ce parti trop bourgeois pour un rapprochement plus poussé. «Les bourgeois réduisent le concept de durabilité à l'environnement, alors que les aspects sociaux doivent aussi être pris en compte», souligne-t-il avec pour exemple les actuelles émeutes de la faim.

Stratège reconnu

Cette fibre sociale a fait de lui un adversaire acharné de l'UDC. Elu en 2003 au Conseil national, Ueli Leuenberger a pris une réelle dimension nationale le 12 décembre 2007, jour de l'éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral. Il apparaît comme l'un des stratèges de cette non-réélection, à côté de Christian Levrat et Christophe Darbellay.

Auparavant, on l'a vu monter à la tribune pour défendre les minorités, les migrants ou les sans-papiers. Fondateur en 1996 de l'Université populaire albanaise (UPA), il a dirigé jusqu'en 2002 ce centre de formation, connu partout en Suisse comme un modèle d'intégration. Membre du groupe Suisse-Arménie, M. Leuenberger s'engage aussi pour que le génocide arménien soit reconnu.

Fonceur et pugnace

Il fait partie de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique, ainsi que de celle des institutions politiques. Fonceur et pugnace, selon le président des Verts genevois Antonio Hodgers, l'écologiste se bat jusqu'au bout pour défendre ses idées.

Au niveau genevois, ce militant syndical de la première heure crée l'Alternative avec ses camarades Alain Vaissade et Robert Cramer, désormais conseiller aux Etats. De 1991 à 1997, il siège au Conseil municipal et accède au Grand Conseil en 2001. Il se fera surtout remarquer pour son engagement lors des débordements liés au G8 ou son soutien aux squats.

La cuisine, l'autre amour

Né le 26 mars 1952 à Oberönz, dans la campagne bernoise, Ueli Leuenberger débarque à Genève à 20 ans avec un CFC de cuisinier en poche. S'il aime la cuisine et la politique, il n'aime en revanche pas la «cuisine politique», écrit-il sur son site Internet qui regorge de bonnes recettes, du vin chaud du militant à la fricassée de poissons aux pleurotes.

Il travaillera aussi à la Poste, puis dans la métallurgie avant de devenir travailleur social. Actuellement, il est formateur dans le domaine santé-social. Il a une fille adulte qui habite en France.

(ats)

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