Scandale à la Fifa: Ueli Maurer à la rescousse de Sepp Blatter
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Scandale à la FifaUeli Maurer à la rescousse de Sepp Blatter

Ueli Maurer est venu jeudi à la rescousse de Sepp Blatter. Le ministre des sports refuse de faire passer le président de la FIFA pour un bouc émissaire.

La pression contre Sepp Blatter est montée d'un cran jeudi, au lendemain des arrestations spectaculaires de sept dirigeants de la FIFA à Zurich. Mais le Haut-Valaisan a le soutien d'Ueli Maurer qui est plus réservé sur l'aptitude de la fédération à se réformer.

Les événements judiciaires provoqués par les Etats-Unis ont renforcé l'opposition à un cinquième mandat de Sepp Blatter, 79 ans, à la présidence de la FIFA. Jeudi, le camp de ses adversaires, réunis autour de la candidature du prince jordanien Ali bin Hussein et emmenés par l'UEFA de Michel Platini, s'est élargi au-delà du seul monde sportif.

Des personnalités politiques de premier plan ont pris position, à l'image du premier ministre britannique David Cameron. Celui-ci a soutenu jeudi au parlement la position de la fédération anglaise en appelant au remplacement de Sepp Blatter à la tête de la FIFA.

Plus mesurés, le président de la République française François Hollande et son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius ont au moins demandé que l'élection du président, prévue vendredi dans le cadre du Congrès de la fédération, soit différée. Il n'en sera rien et le Haut-Valaisan devrait être réélu, sauf surprise.

Pas le bouc émissaire

Dans la tempête, une fois de plus, Sepp Blatter peut compter sur le soutien de la Suisse. Muet jusqu'à jeudi après-midi, Ueli Maurer l'a fait savoir devant les quelque 340 participants du 5e Forum suisse des médias à Lucerne où il participait à une table ronde sur un tout autre thème avant de rejoindre le Congrès de la FIFA à Zurich.

Devant des journalistes curieux de connaître la position du ministre des sports sur le scandale de corruption à la FIFA, Ueli Maurer a refusé de faire passer le président de la FIFA pour un bouc émissaire. Il ne faut pas oublier tout ce que Sepp Blatter a fait de formidable pour le football, a-t-il dit.

Tout en exprimant ses réserves sur la crédibilité de la FIFA pour mener à bien les réformes nécessaires, le conseiller fédéral juge que ce mercredi fut une «bonne journée pour le sport». Cette affaire aura été positive si, parmi ses effets, elle aura contribué à rendre la FIFA plus transparente, a-t-il affirmé un peu plus tard à l'occasion de son allocution à l'ouverture du Congrès de la FIFA.

Son collègue des affaires étrangères voit aussi cette affaire comme une chance à saisir. Cela va peut-être faire évoluer les fédérations sportives internationales, estime Didier Burkhalter, a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune avec son homologue italien Paolo Gentiloni.

Maintien en détention

Du côté de la FIFA, il s'agit de tenir l'ordre du jour du congrès tant bien que mal. Jeudi matin, Sepp Blatter a rencontré les représentants des six confédérations pour une réunion de crise.

Parallèlement, les procédures pénales rendues publiques mercredi se poursuivent. Les sept responsables inculpés pour corruption aux Etats-Unis et arrêtés à Zurich devraient rester en détention dans diverses prisons du canton de Zurich jusqu'au terme des procédures d'extradition. S'ils épuisent tous les moyens juridiques de recours à leur disposition, cela peut durer jusqu'à six mois.

Originaires d'Amérique du Sud pour cinq d'entre eux, britanniques pour le reste, les sept dirigeants de la FIFA se sont tous opposés à leur extradition. Lors d'une nouvelle audition jeudi, l'un d'eux est revenu sur sa décision d'accepter une extradition accélérée, a précisé à l'ats jeudi Folco Galli, porte-parole de l'Office fédéral de la justice (OFJ).

La durée de la procédure peut être très variable. Si toutes les voies de droit sont utilisées, elle peut durer jusqu'à six mois.

Qatar et Russie

Rendue publique le même jour mais totalement indépendante de celle-ci, une autre procédure pénale a continué de progresser jeudi. Menée par le Ministère public de la Confédération (MPC), elle concerne l'attribution des coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar.

Les premières auditions ont débuté jeudi, «en tant que personnes appelées à donner des renseignements». André Marty, porte-parole du MPC, n'était pas en mesure de préciser combien de temps durerait cette procédure pénale contre inconnu pour soupçon de gestion déloyale et blanchiment d'argent entourant l'attribution très contestée de ces deux mondiaux.

Mondiaux remis en question

Si l'affaire devait aboutir à des sanctions pénales, cela pourrait remettre en question l'attribution des coupes du monde à la Russie et au Qatar. «Il appartiendra à la FIFA ou à d'autres organes, Etats ou institutions de titrer d'éventuelles conséquences», a-t-il dit. Contactée jeudi par l'ats, la FIFA n'a pas pris position.

En plus des pressions politiques et désormais judiciaires, la FIFA doit maintenant aussi affronter les menaces des sponsors. Banques, équipementiers ou marques de boissons ont appelé la FIFA à réagir. (ats)

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