Cinéma: Ultime hommage de la «famille» à Claude Chabrol
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CinémaUltime hommage de la «famille» à Claude Chabrol

La famille du cinéma français a rendu vendredi à Paris un émouvant hommage à l'un de ses plus brillants représentants, le réalisateur Claude Chabrol, décédé dimanche dernier à l'âge de 80 ans.

La cérémonie s'est déroulée en plein air sur le parvis de la Cinémathèque française. Près du cercueil du défunt, une photo le représentait fumant la pipe, une écharpe autour du cou. Famille, amis, confrères, comédiens et muses ont dit adieu au prolifique et truculent cinéaste. Chabrol était l'auteur d'une soixantaine de films dont «Le beau Serge», «Que la bête meure», «Le Boucher», «Une affaire de femmes» ou encore «L'ivresse du pouvoir».

Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a lu des extraits des mémoires de Claude Chabrol, cinéaste «balzacien» prompt à fustiger la bourgeoisie et la cruauté humaine.

Son actrice fétiche, Isabelle Huppert, a aussi pris la parole. «Travailler avec quelqu'un, c'est une manière de s'aimer. C'est tout cas une autre manière de se le dire. Je n'ai jamais su pourquoi Claude m'aimait. J'ai su qu'il m'aimait et j'ai senti comment il m'aimait», a-t-elle dit.

Un farceur de génie

On pouvait reconnaître dans l'assistance les comédiens Michel Piccoli, François Cluzet, Edouard Baer, les cinéastes Agnès Varda, Bertrand Tavernier, Costa Gavras et le distributeur de Claude Chabrol, Marin Karmitz.

Beaucoup de comédiennes aussi, qui jouèrent sous sa direction, comme Nathalie Baye, Mathilda May, Sandrine Bonnaire et Stéphane Audran, qu'il épousa. Pour Michel Piccoli, Claude Chabrol était «un farceur de génie». «Il était sincère en tout, même quand il mentait», a-t-il dit à la presse.

Sandrine Bonnaire, qui joua dans «La Cérémonie», était au bord des larmes. «Chacha, comme on l'appelait, on ne sait pas où il est, mais il est sûrement bien et il a eu une mort qui lui ressemble. Il est parti comme ça, en nous faisant presque un pied de nez», a-t- elle confié.

Claude Chabrol devait être inhumé dans l'intimité en début d'après-midi dans le cimetière parisien du Père-Lachaise.

Féroce mais optimiste

Ancien critique de cinéma, né à Paris le 24 juin 1930 dans une famille de pharmaciens, Claude Chabrol avait commencé sa carrière en 1959. Il représentait avec François Truffaut, Eric Rohmer et Jean- Luc Godard, le courant des cinéastes de «La Nouvelle vague».

Cette génération voulait parler de la société ou de la vie quotidienne de son époque plutôt que de trouver l'inspiration dans le passé ou le romanesque. Claude Chabrol se montrait féroce mais, se disait toutefois optimiste sur la nature humaine.

«On a trop souvent tendance à se concentrer sur ce que la vie contient de tragique, moi je retiens ce qu'elle a de marrant. Je crois profondément en la nature humaine», disait-il dans un entretien en 2006.

Dernier film en 2009

Tournant avec presque tous les acteurs français connus de l'après- guerre, Claude Chabrol s'était souvent attaché à faire des portraits cruels de la bourgeoisie de province.

La popularité et les succès de ses films s'est prolongée jusque dans les années récentes, comme avec «L'enfer», film sur le thème de la jalousie avec Emmanuelle Béart, et «La cérémonie», adaptation d'un fait divers tragique qui mettait en scène les tensions entre classes sociales. Son dernier film, «Bellamy», avec Gérard Depardieu, était sorti en 2009. (ats)

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