Black Friday: Ultra vigilant, un client a trouvé un «faux rabais» qui était pourtant légal

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Black FridayUltra vigilant, un client a trouvé un «faux rabais» qui était pourtant légal

Rabais et offres pleuvent à la veille du Black Friday. Mais ils ont fini par mettre la puce à l’oreille de certains acheteurs, qui sont désormais beaucoup plus vigilants. 

par
Yannick Weber

On ne la lui fait pas, à lui. Marc* a été attiré, en naviguant sur le site de Galaxus, par un rabais proposé sur les boules de café écolo de Migros. Le prix de 4,60.- au lieu de 5,95.- avec la mention «–23%» l’a fait sortir de ses gonds… car la boîte est vendue partout au prix de 4,60.-. Pour lui, aucun doute, Galaxus a artificiellement gonflé le prix de base pour faire croire à une promotion. «Je suis totalement scandalisé par cette attitude», témoigne-t-il.

Présenter un faux prix plus élevé puis le comparer avec le prix effectif plus bas et faire croire à un rabais est illégal en Suisse. Or Galaxus est, pour le coup, dans son bon droit, légalement parlant (lire ci-dessous). Son site montre l’évolution dans le temps du prix de vente de chaque article. «Notre prix est resté à 5,95.- pendant un peu plus d’un mois, entre le 4 octobre et le 8 novembre», informe Alex Hämmerli, porte-parole de Digitec Galaxus. Depuis, il est revenu à son prix de base de 4,60.-. «Il ne s’agit donc pas d’un rabais fictif», ajoute-t-il.

L’entreprise vante une démarche de transparence sur les prix. Marc a lâché un commentaire courroucé sur le site, qui lui a rappelé en réponse que «les prix sont établis en fonction de l’offre et de la demande, des fournisseurs et de la disponibilité de la marchandise; ils varient donc très régulièrement, parfois plusieurs fois par jour». Rien ne lui interdit de vendre un article plus cher que chez son concurrent (en l’occurrence Migros… qui est son actionnaire majoritaire), puis de revenir au prix usuel ensuite et d’en faire un argument marketing en le présentant comme un rabais.

Les conseils de prudence

Le cas Galaxus n’a, en fait, rien à voir avec le Black Friday, mais montre à quel point certains clients sont devenus méfiants, surtout à cette période de l’année. Toutefois, la Fédération romande des consommateurs (FRC) relance ses avis de prudence. «Nous recommandons aux consommateurs d’être attentifs face à la multiplication de ces annonces de «rabais». De bonnes affaires sont possibles, mais il vaut la peine de comparer y compris avec les tarifs proposés par d’autres enseignes», dit Jean Tschopp, responsable Conseil à la FRC. Réfléchir à ce qu’on veut ou doit acheter avant de se rendre dans un commerce ou sur un site permet de limiter les achats compulsifs non nécessaires.

Des règles précises

Indiquer un comparatif de prix sur un site ou dans un commerce est très encadré par la loi. L’entreprise est logiquement obligée par la loi d’avoir effectivement vendu l’article en question au prix le plus haut et de le proposer au moment de l’affichage du comparatif au prix le plus bas. De plus, la «promotion» est limitée dans le temps. Elle ne peut pas durer plus de deux mois, ni excéder la moitié de la durée où l’article a été vendu au prix le plus élevé. En l’occurrence, les boules de café ont été vendues 5,95.- pendant un mois, Digitec n’aurait donc pas le droit de présenter le comparatif avec «–23%» pendant plus de deux semaines.

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