Actualisé 15.06.2010 à 05:13

Marée noire

Un 11-Septembre écologique, selon Obama

Le président américain Barack Obama compare désormais la marée noire du golfe du Mexique à un 11-Septembre écologique.

Le président américain Barack Obama est mis à mal par la marée noire.

Le président américain Barack Obama est mis à mal par la marée noire.

Barack Obama visitait lundi pour la quatrième fois les côtes souillées par le brut et a invité les Américains à se rendre dans le sud du pays pour faire du tourisme.

De même que les attentats de 2001 ont modifié la politique étrangère des Etats-Unis, la catastrophe écologique en cours «va nous pousser à repenser notre politique environnementale et énergétique», a estimé le président des Etats-Unis dans un entretien au quotidien «Politico».

La tragédie qui se joue au large des côtes montre qu'il est temps «d'effectuer la transition» vers de nouvelles sources d'énergie, a ajouté M. Obama, dont l'administration tente de faire adopter au Congrès une loi de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Huit semaines après l'explosion meurtrière de la plateforme Deepwater Horizon exploitée par le groupe britannique BP au large des côtes de Louisiane, la priorité immédiate reste de colmater le puits duquel s'écoule du brut à plus de 1,5 km de profondeur, objectif qui devrait être atteint au mieux en août, lorsque des puits de dérivation en cours de forage seront terminés.

15'000 barils par jour

BP, qui parvient à capter 15'000 barils par jour grâce à un «entonnoir» à l'efficacité imparfaite, a annoncé lundi, en réponse à une demande de l'administration Obama, prévoir de porter ce chiffre à 50 000 barils par jour (8 millions de litres) d'ici fin juin.

Les autorités américaines évoquent des chiffres compris entre 20'000 et 40'000 barils par jour.

En attendant, M. Obama a entamé lundi par Gulfport au Mississippi une tournée de deux jours qui va également le conduire en Alabama et en Floride, Etats menacés ou déjà touchés par le pire désastre écologique de l'histoire du pays. Il s'était déjà rendu à trois reprises en Louisiane depuis le 2 mai.

Le président américain a affirmé, après avoir rencontré des élus locaux à Gulfport, que la meilleure façon de soutenir cette région était de venir y faire du tourisme. «Il y a beaucoup de plages qui n'ont pas été touchées et ne seront pas touchées», a-t-il assuré.

Rencontre prévue

M. Obama, qui a aussi répété son engagement à obtenir de BP qu'il compense «rapidement» et «équitablement» les sinistrés, devait ensuite inspecter dans l'Alabama voisin un dépôt d'équipements utilisés dans les opérations de récupération.

Mardi, il sera à Pensacola, dans l'ouest de la Floride, zone touristique où des boulettes de goudron se sont échouées, avant de reprendre l'avion pour Washington, où il doit prononcer à 20h (mercredi 2h en Suisse) un discours solennel consacré à la marée noire depuis le Bureau ovale.

Cette première depuis le début de son mandat début 2009 signale une volonté de la Maison Blanche de reprendre la main. M. Obama voudra «présenter les étapes à venir à partir de maintenant pour traverser cette crise», selon son principal conseiller David Axelrod.

Il plantera aussi le décor de sa rencontre prévue le lendemain avec les président et directeur général de BP, Carl-Henric Svanberg et Tony Hayward.

Demande lancée

«Dans les jours et les heures» qui ont précédé l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, «BP semble avoir pris de nombreuses décisions pour des raisons économiques, qui ont augmenté le risque d'une défaillance catastrophique du puits», écrivent les membres du Congrès Henry Waxman et Bart Stupak dans une lettre à M. Hayward. Ils ont enquêté sur le sujet.

Responsable des opérations de colmatage et de nettoyage, ainsi que des indemnisations des sinistrés, le groupe a estimé lundi que la marée noire lui avait déjà coûté 1,6 milliard de dollars.

La société subit des pressions de l'administration américaine pour réduire ou suspendre le versement de son dividende. M. Axelrod a aussi évoqué la mise en place d'un compte sous séquestre financé par BP pour assurer le paiement des indemnisations.

Un groupe de 54 sénateurs démocrates ont demandé dans une lettre adressée à BP qu'un premier versement de 20 milliards de dollars soit effectué sur ce compte. (ats/afp)

BP engluée à la Bourse

Le groupe pétrolier britannique BP repartait en très forte baisse lundi après-midi à la Bourse de Londres. Le titre a perdu plus de 10% alors que le marché s'inquiète du montant de la réserve que les Etats-Unis pourraient demander au groupe de constituer en vue du dédommagement des effets de la marée noire.

Le titre BP est tombé jusqu'à 351 pence, soit une baisse de 10,44% par rapport à la clôture de vendredi. Les Etats-Unis vont insister sur la nécessité que BP mette sur pied un compte sous séquestre pour payer les indemnisations liées à la marée noire qui se répand dans le golfe du Mexique, avait indiqué dimanche le principal conseiller de Barack Obama.

Selon certains medias lundi, les sénateurs démocrates pourraient faire pression pour que BP mette de côté jusqu'à 20 milliards de dollars pour payer les dommages causés, soit l'équivalent de ce que consacre BP chaque année à ses dépenses d'investissement ou de deux années de dividendes versés par le groupe. /ats

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