Actualisé 01.12.2010 à 10:32

Série

Un «24 h chrono» version Kaboul

La série «Separ» veut faire aimer les policiers aux Afghans.

Le projet, financé par l'Union européenne et le Canada, vise à promouvoir l'image et le recrutement de la police jusqu'ici réputée pour sa corruption.

Le projet, financé par l'Union européenne et le Canada, vise à promouvoir l'image et le recrutement de la police jusqu'ici réputée pour sa corruption.

Homayun porte un polo qui fait ressortir ses biceps, aime méditer au soleil couchant et manie la kalachnikov comme personne.C'est une sorte de Jack Bauer, l'agent de la série américaine «24 heures chrono». Homayun est le héros de la toute première série télévisée policière afghane.

«Separ» («Le bouclier» en persan) est apparu en octobre sur la chaîne de télévision publique afghane RTA. Depuis, tous les samedis soirs, pendant 30 minutes, l'Afghanistan suit les aventures d'un policier honnête et droit, tentant de tirer vers le haut des collègues bien moins scrupuleux.

Un projet financé par le Canada et l'UE

Le projet, financé par le Canada et l'Union européenne, vise à promouvoir l'image et le recrutement d'une police jusqu'ici surtout réputée pour sa corruption. Un enjeu crucial pour l'Afghanistan comme pour ses alliés occidentaux, qui ont fixé à la fin 2014 la date à laquelle près de 400 000 policiers et soldats afghans sont censés assurer eux-mêmes la sécurité du pays.

«Separ» a été peaufiné pendant plus d'un an par Awaz, la société de production de Christian Marie, un Français installé de longue date à Kaboul. A 120 dollars le salaire mensuel, la police afghane recrute inévitablement des «bras cassés», explique Frédéric Doncieux, un autre Français d'Awaz. «Mais quand le salaire sera plus élevé et qu'elle aura une meilleure réputation, de meilleures recrues viendront», dit-il.

Le héros est promu dans un commissariat plus chic

Dans le pilote de la série, le héros arrête des trafiquants d'antiquités à Kaboul. Son chef, corrompu, le remercie en l'exilant au fin fond du pays. Il atterrit dans un commissariat de village que l'équipe a reconstitué au nord de Kaboul, dans un ancien tribunal décrépit de la plaine de Shomali.

La série, dont les 26 épisodes seront diffusés pendant six mois, entend montrer «une police de proximité en prise avec la vie des gens», souligne M. Marie. Une note positive qui se ressent après plusieurs épisodes: honoré, le héros est promu dans un commissariat plus chic. Il devra, entre autres, y démêler des affaires de corruption et de drogue, maux endémiques de la police afghane.

Une télé-réalité sur les troupes afghanes

Lors de la projection du pilote devant des responsables de la police, certains officiers ont estimé la série trop critique. Mais d'autres se sont levés pour défendre le projet et rappeler que le gouvernement n'arriverait pas à recruter en proposant une image idyllique et fausse des forces de sécurité.

Depuis l'apparition de «Separ», d'autres projets ont vu le jour comme «Eagle Four», financé par les Etats-Unis, qui raconte le quotidien d'une unité d'élite. Au printemps, un programme de télé-réalité, «Naissance d'une armée», suivra des recrues afghanes des premiers entraînements aux combats contre les talibans. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!