Violences: Un 75e mort, les manifs continuent au Venezuela
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ViolencesUn 75e mort, les manifs continuent au Venezuela

L'opposition était à nouveau dans la rue vendredi, dénonçant la mort d'un jeune homme de 22 ans tué par la police.

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L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

Keystone
Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

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Le Renseignement vénézuélien a perquisitionné mercredi le domicile de l'ex-procureure générale du pays, Luisa Ortega, une chaviste devenue dissidente, etévincée par l'Assemblée constituante. (Image - mercredi 16 août 2017)

Le Renseignement vénézuélien a perquisitionné mercredi le domicile de l'ex-procureure générale du pays, Luisa Ortega, une chaviste devenue dissidente, etévincée par l'Assemblée constituante. (Image - mercredi 16 août 2017)

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Rues et avenues bloquées, concerts de casseroles: l'opposition vénézuélienne a dénoncé vendredi la mort la veille d'un jeune manifestant, le 75e décès depuis début avril. Elle s'est attirée une réponse cinglante du président, qui l'a accusée de jouer avec le feu.

«Pas un de plus», «Non à la dictature», «Non à la répression»: sous ces banderoles accusatrices, dans un quartier de l'est de Caracas, les manifestants hurlaient leur colère contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, «un lâche, assassin d'étudiants». Armés de clairons et de sifflets ou martelant des casseroles, les manifestants de l'opposition ont bloqué les carrefours et les principales voies de Caracas et des autres villes du pays, générant un véritable chaos pour la circulation automobile.

«C'est une manifestation contre la brutalité avec laquelle ils assassinent nos jeunes. J'ai mal à mon pays, nous devons sortir dehors pour lutter», témoigne Rina Torres, venue vêtue de noir pour participer aux rassemblements, dans un autre quartier de l'est de la capitale vénézuélienne.

Soumis à la loi

Comme les autres, Rina était là pour dénoncer la mort jeudi à Caracas de David Vallenilla, 22 ans, atteint de trois balles au thorax. Des balles tirées par un sergent de la police de l'air, selon des photos et des vidéos diffusées par des médias locaux.

Cette information a été confirmée par le ministre de l'Intérieur Nestor Reverol, qui a précisé vendredi que le tireur avait été «identifié». Une enquête a été ouverte pour déterminer sa responsabilité.

S'exprimant devant les plus hauts gradés des forces armées vendredi, le président vénézuélien Nicolas Maduro a confirmé que le tireur serait soumis «à la loi», sans préciser cependant s'il avait déjà été placé en détention.

«Compte-gouttes mortel»

Dans cette déclaration, retransmise à la télévision nationale, le chef de l'Etat a appelé les forces de l'ordre à «faire en sorte» que «plus personne ne meure, jamais»: «Il faut parvenir à la paix, à la paix et à la vie, et que plus personne ne meure, jamais. C'est l'objectif».

Nicolas Maduro a indirectement accusé les dirigeants de l'opposition de pousser à la violence: «Quels sont leurs objectifs ? Laisser la mèche allumée, et qu'il y ait un meurtre ici, un mort là ? C'est comme un compte-gouttes mortel», a-t-il accusé.

Invoquant le droit à la désobéissance civile, l'opposition, majoritaire au Parlement, n'a pas prévu de baisser pavillon: après avoir appelé la population cette semaine à ne plus reconnaître le gouvernement du président Maduro, très impopulaire dans un contexte de grave crise économique, elle a convoqué une nouvelle «grande manifestation» samedi à Caracas et dans le reste du pays.

Assemblée constituante

La mort de David Vallenilla jeudi a porté à 75 le nombre de décès en près de trois mois de manifestations hostiles à Nicolas Maduro, manifestations dont l'intensité a redoublé depuis la décision du chef de l'Etat de convoquer pour fin juillet une Assemblée constituante, un projet rejeté par 69,1% des Vénézuéliens selon l'institut de sondages Datanalisis.

Le jeune homme est décédé alors qu'il participait à une manifestation, à l'appel de la coalition d'opposition MUD (Table pour l'unité démocratique), en soutien à la procureure générale Luisa Ortega, meneuse de la frange critique du chavisme (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013), opposée à la Constituante. «Mon fils luttait pour ses idéaux, c'est pour ça qu'il est parti. Je veux des explications», a confié, effondré, son père, près de la morgue Bello Monte à Caracas. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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