Actualisé 07.10.2018 à 01:15

RDCUn accident monstre sème la désolation

Un terrible accident a fait au moins 60 morts et des dizaines de brûlés en République démocratique du Congo, samedi.

L'accident aurait fait au moins cinquante morts.

L'accident aurait fait au moins cinquante morts.

dr/Twitter

Des dizaines de personnes ont été tuées ou brûlées samedi dans la collision entre un camion-citerne et un autre camion sur une route nationale dans l'ouest de la République démocratique du Congo.

L'explosion du camion-citerne et la propagation du feu expliquent le lourd bilan, avec le manque de moyens de secours qui a aussitôt suscité une polémique sur les réseaux sociaux. A la mi-journée, les autorités et les témoins ont avancé le chiffre de cinquante à soixante morts.

«Nous avons compté 53 corps calcinés», a déclaré à l'AFP Florian, témoin de l'accident au village de Mbuba à 120 km à l'ouest de Kinshasa, sur la route qui mène vers le seul débouché maritime du pays, le port de Matadi. En outre sept personnes victimes de brûlures sont mortes à l'hôpital Saint-Luc de Kisantu, la grande ville voisine de quelques km, a-t-il ajouté.

«Beaucoup de brûlés au deuxième degré»

«On a emmené beaucoup de brûlés, pour la majorité au deuxième degré», a précisé le docteur Trésor, également joint par l'AFP à l'hôpital Saint-Luc. «On est en train de les assister, on les réhydrate, mais malheureusement il y a ceux qui sont en train de mourir sur place. Il y a deux cliniques mobiles en train d'évacuer les brûlés», a-t-il ajouté. Les grands hôpitaux de Kinshasa sont prêts à recevoir les blessés, a indiqué samedi soir le ministère de la Santé.

«Nous déplorons la mort d'une cinquantaine de personnes et il y a une centaine de personnes qui ont des brûlures de deuxième degré», avait déclaré plus tôt dans la journée le gouverneur intérimaire de la province du Kongo central, Atou Matubuana. Dans la soirée, le ministère de la Santé a évoqué «la mort d'une vingtaine de personnes sur place» ainsi que «quatre personnes décédées à leur arrivée à l'hôpital Saint-Luc». Les victimes ont été prises par la propagation du feu dans ce village près de Kisantu, connue pour sa cathédrale et son jardin botanique.

«Beaucoup de gens ont trouvé la mort au marché», a précisé un autre témoin joint par l'AFP, Blaise Matumona, selon lequel l'accident a eu lieu très tôt le matin. «Le feu s'est répandu rapidement, atteignant les habitations environnantes», a précisé la radio onusienne «Okapi», qui avait avancé un premier bilan de 30 morts.

Sur les réseaux sociaux, une photo montrait au moins trois corps calcinés au pied d'un camion renversé en feu. Une autre photo montrait des survivants avec de grandes brûlures sur la peau emmenés en moto, en pick-up ou en transport collectif vers l'hôpital Saint-Luc de Kisantu. Les survivants ont été évacués dans des voitures de la police et des véhicules privés, confirme un témoin, qui n'a «malheureusement» pas vu d'ambulance.

L'accident et ces photos ont provoqué la colère des Congolais sur les réseaux sociaux, au lendemain d'un bref interlude de joie, de fierté et d'unité avec l'annonce du prix Nobel de la paix au gynécologue congolais Denis Mukwege. «Pas d'ambulance, et sûrement pas d'hôpital digne de ce nom à Kisantu. La prévention de ce genre de drame, n'en parlons même pas...», s'est indigné sur Twitter le mouvement Lutte pour le changement (Lucha), en lançant une nouvelle charge contre le président Joseph Kabila.

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a indiqué qu'elle avait envoyé sur place «neuf ambulances afin de procéder à des évacuations médicales». Des voitures surchargées de produits agricoles et des poids lourds empruntent régulièrement cette route qui relie la capitale (10 millions d'habitants) au port de Matadi, où la commission électorale réceptionnait samedi des machines à voter en provenance de Corée du Sud, destinées à la présidentielle de décembre. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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