Bâle: Un activiste de gauche trahi par son ADN
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BâleUn activiste de gauche trahi par son ADN

En mai 2010, un groupe de 20 personnes masquées ont mis à sac une rue de Bâle. L'une d'elles a été condamnée mardi à 18 mois de prison ferme.

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aj/dmz
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La Freie strasse à Bâle a été mise à sac en 2010.

La Freie strasse à Bâle a été mise à sac en 2010.

Basler Zeitung / Leser-Reporter
Des stores ont été sprayés.

Des stores ont été sprayés.

Basler Zeitung / Leser-Reporter
Des vitrines ont été cassées.

Des vitrines ont été cassées.

Basler Zeitung / Leser-Reporter

Le visage dissimulé par des cagoules et des masques, une vingtaine d'activistes de gauche ont pris d'assaut une rue commerçante de Bâle, la Freiestrasse, le 21 mai 2010. Avec des haches et des marteaux, ils s'en sont pris à des vitrines, des portes d'entrée, des distributeurs de billets et des voitures. Ils ont aussi sprayé des slogans et des symboles anticapitalistes sur des murs et des devantures. Coût des dégâts: 270'000 francs.

Pendant longtemps, l'enquête n'a rien donné. Jusqu'en 2014, où un des participants a été identifié, grâce à son ADN. Un t-shirt, des gants et un masque lui appartenant avaient été retrouvés quatre ans plus tôt, mais les traces n'avaient mené à rien.

Le prévenu, Zurichois et âgé de 28 ans, a été jugé mardi. Les débats ne sont pas parvenus à expliquer pourquoi il a fallu quatre ans pour l'identifier. D'autant moins, même, qu'il avait été condamné quatre mois avant les faits pour une attaque à la peinture contre les locaux du Secrétariat d'Etat à l'économie. Et que son ADN avait été prélevé et enregistré pendant l'enquête.

Accusé frappé de mutisme

Devant les juges, l'homme s'est muré dans le silence. «Je ne ferai pas de commentaire» est la phrase que la Cour a entendu le plus souvent de sa part. Son défenseur a, pour sa part, dénoncé le «manque de preuves» à disposition du Ministère public. Il a surtout relevé que les traces ADN relevées sur le gant n'étaient pas seulement celles de son client. Des «restes» d'une autre personne non identifiée y ont aussi été retrouvés. Ce qui suffisait à semer le doute, selon lui, et à faire acquitter le prévenu.

Pas assez pour le tribunal, qui a prononcé une peine de 18 mois ferme. Selon lui, les preuves ADN sont suffisantes et le comportement de l'accusé pendant le procès est, estime-il, un indice que l'homme était bien présent ce soir-là. «Sa motivation était de détruire», a conclu la présidente. On ne sait pas encore si le condamné fera appel.

Le plan pour retrouver la Freiestrasse

Pas seulement à Bâle

Selon le procureur, le prévenu est aussi impliqué dans d'autres affaires de casse, dont celle de juin 2016 à Bâle. Il avait été arrêté et fait de la prison préventive après ces émeutes.

Par ailleurs, il aurait attaqué un policier, en 2013, en marge de manifestations anti-avortement. Il aurait aussi, à Lucerne, mis le feu à un container pendant un rassemblement d'activistes de gauche.

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