Etats-Unis: Un agent du FBI se fait passer pour un journaliste

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Etats-UnisUn agent du FBI se fait passer pour un journaliste

Associated Press (AP) a demandé lundi à l'agence fédérale de s'expliquer sur les pratiques d'un de ses employés. Une supercherie assimilée à un «vol d'identité».

La précision de James Comey, patron du FBI, selon laquelle ces pratiques seraient «rares» ne rassure ni AP ni les autres médias.

La précision de James Comey, patron du FBI, selon laquelle ces pratiques seraient «rares» ne rassure ni AP ni les autres médias.

Le directeur de l'agence de presse AP, Gary Pruitt, a envoyé une lettre au patron de la police fédérale américaine, James Comey, et au ministre américain de la Justice, Eric Holder. Il y affirme que cette pratique «corrompt les principes les plus fondamentaux de la presse libre - notre indépendance vis-à-vis du gouvernement et la responsabilité du gouvernement de rendre des comptes».

James Comey avait récemment reconnu dans une lettre au «New York Times» qu'un agent du FBI «s'était présenté comme un employé de l'agence de presse pour piéger un suspect qui menaçait de commettre un attentat à la bombe dans une école».

«En volant notre identité, le FBI ternit notre réputation, minimise les valeurs de la liberté de la presse inscrites dans notre Constitution et met en danger les journalistes d'AP et les autres collecteurs d'informations dans le monde», selon Gary Pruitt.

Fausse dépêche

Des documents judiciaires publiés fin octobre avaient révélé que le FBI avait rédigé une fausse dépêche de l'agence AP pour amener un suspect à télécharger un virus qui révélerait sa localisation.

Cette pratique «affaiblit notre capacité à collecter des informations en intimidant des sources qui pourraient parler librement avec nos journalistes et en dégradant notre contribution à l'objectivité, la vérité, l'exactitude et l'intégrité», ajoute Gary Pruitt.

Les pratiques du FBI «mettent en danger» notamment les journalistes d'AP en zones de guerre et ceux d'autres médias. Elles génèrent des doutes sur «le fait que nous travaillons indépendamment et librement».

La précision de James Comey, selon laquelle ces pratiques seraient «rares», ne rassure ni AP ni les autres médias. «Nous avons besoin de savoir qui a approuvé cette pratique en 2007, quel a été le processus de son approbation et qu'est-ce qui différencie les impostures d'il y a sept ans de celles d'aujourd'hui», écrit le directeur d'AP. Le FBI n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP à ce sujet. (ats)

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