Crash en France: Un Airbus s'écrase dans les Alpes françaises
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Crash en FranceUn Airbus s'écrase dans les Alpes françaises

Un avion A320 de la compagnie Germanwings assurant la liaison entre Barcelone et Düsseldorf s'est abîmé mardi matin dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec 150 personnes à bord.

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20.05 Le président de l'ordre allemand des médecins estime que la la compagnie Lufthansa a «failli» en ne contrôlant pas Lubitz.

20.05 Le président de l'ordre allemand des médecins estime que la la compagnie Lufthansa a «failli» en ne contrôlant pas Lubitz.

AFP/Christof Stache
04.04 Des proches de victimes du crash de la Germanwings sont outrés par le faire-part de remerciements des parents du copilote Andreas Lubitz. Ils y clament leur amour pour leur défunt fils et leurs «peur et incompréhension» sans pour autant évoquer directement le drame ni les 149 victimes.

04.04 Des proches de victimes du crash de la Germanwings sont outrés par le faire-part de remerciements des parents du copilote Andreas Lubitz. Ils y clament leur amour pour leur défunt fils et leurs «peur et incompréhension» sans pour autant évoquer directement le drame ni les 149 victimes.

23.03 A la veille de l'anniversaire du crash de la Germanwings, des proches des 149 victimes se sont réunis mercredi à Barcelone et à Düsseldorf, points de départ et destination de l'avion que le copilote avait précipité sur une montagne en France.

23.03 A la veille de l'anniversaire du crash de la Germanwings, des proches des 149 victimes se sont réunis mercredi à Barcelone et à Düsseldorf, points de départ et destination de l'avion que le copilote avait précipité sur une montagne en France.

Albert gea

Cent cinquante personnes ont perdu la vie, mardi, lors du crash mardi dans les Alpes françaises d'un Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings reliant Barcelone (Esp) à Düsseldorf (All). «Images épouvantables dans ce paysage de montagne. Il ne reste rien que des débris et des corps», a tweeté le député français Christophe Castaner, qui a survolé les lieux du drame en hélicoptère. C'est «une horreur. L'avion est totalement détruit», a-t-il ajouté.

La catastrophe aérienne, l'une des pires survenues en France, a fait des victimes espagnoles, allemandes et «sans doute» turques, a déclaré le président français François Hollande. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a évoqué pour sa part au moins une victime belge.

Selon Germanwings, 67 Allemands se trouvaient à bord. Parmi eux, il y avait 16 adolescents allemands qui rentraient d'un échange scolaire avec des lycéens espagnols. Quarante-cinq passagers, dont deux bébés, portaient des noms à consonance espagnole.

Il n'y aurait aucun survivant, quand bien même, lors d'un survol de la zone, des secours auraient aperçu un corps bouger.

La chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ont annoncé leur venue mercredi sur les lieux du crash, où ils retrouveront François Hollande.

Une des boîtes noires retrouvée

La catastrophe s'est produite loin de toute habitation dans un massif montagneux aux pentes abruptes, inaccessible aux véhicules et qui culmine à plus de 2000m d'altitude. Les débris s'étalent sur une zone de plusieurs kilomètres carrés.

Les premières images prises d'hélicoptères montrent des morceaux de carlingue avec des hublots bien visibles. D'autres parties de l'avion sont minuscules, laissant penser qu'il s'est désintégré lors du choc contre les parois rocheuses.

«A ce stade, aucune hypothèse ne peut être écartée» pour expliquer le drame, a déclaré à l'Assemblée nationale le Premier ministre français, Manuel Valls, alors qu'une enquête judiciaire et une enquête par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) ont été ouvertes.

«Une boîte noire a été retrouvée et va être transmise aux services d'enquête», a précisé le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Zone particulièrement difficile

Les autorités françaises devraient rapidement lancer un processus de récupération des corps qui pourrait être long, au vu des problèmes d'accès à la zone. «Les difficultés que nous rencontrons, c'est de geler la scène de la catastrophe dans un milieu particulièrement hostile, bientôt sous la neige, sous la pluie», a déclaré le général de gendarmerie David Galtier. «C'est une zone très difficile d'accès à laquelle on accède uniquement par hélitreuillage, et ensuite il y aura des caravanes à pied.»

N'ayant plus de contact avec l'équipage et n'ayant plus aucun signal radar de l'avion, la direction de l'aviation civile française avait déclaré dans la matinée, à 9h30 GMT (10h30 en Suisse), le vol «en détresse».

Le patron de GermanWings, Thomas Winkelmann, a déclaré lors d'une conférence de presse que l'avion avait, à 10h35, atteint l'altitude de 38'000 pieds (11'800m). «Mais au bout d'une minute, il a décroché et a commencé à perdre de l'altitude. Cela a duré pendant huit minutes», a-t-il ajouté, en précisant que le contact avec les radars français avait été perdu à 10h53. L'avion se trouvait alors à une hauteur de 6000 pieds environ (2000m). Il s'est ensuite écrasé.

Contrairement à ce qui avait été dit dans un premier temps, l'équipage n'a pas émis d'appel de détresse. Le pilote avait «plus de dix ans» d'expérience et «plus de 6000 heures de vol» à son actif, selon son employeur.

L'avion avait été contrôlé la veille

Le patron du groupe aérien Lufthansa, dont Germanwings est la filiale low-cost, a indiqué «ne pas savoir ce qui s'est passé avec le vol 4U 9525».

Selon le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, «les conditions météorologiques n'étaient pas spécialement mauvaises» au moment du drame. L'avion avait 25 ans d'âge et avait subi une grosse révision à l'été 2013, selon Germanwings, et le dernier contrôle de routine effectué remontait à lundi, soit la veille de l'accident.

Moyens de secours exceptionnels

Une chapelle ardente a été installée à Seyne, commune voisine des lieux de la catastrophe. Trois cents pompiers et trois cents gendarmes ont été mobilisés, de même que dix hélicoptères et un avion militaire.

Les Etats-Unis et la Russie ont proposé leur aide à la France pour les opérations de récupération des corps.

C'est la première catastrophe aérienne en France métropolitaine depuis le crash d'un Concorde d'Air France qui avait fait 113 morts (100 passagers, 9 membres d'équipages et quatre tués au sol) le 25 juillet 2000 peu après son décollage de l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle.

Elle est aussi la plus meurtrière dans le pays depuis plus de 30 ans et le crash d'un DC-9 de la compagnie yougoslave Inex Adria dans une montagne de Corse (180 morts).

La pire catastrophe aérienne en France remonte au 3 mars 1974, quand un DC-10 de Turkish Airlines s'était écrasé au nord de Paris, faisant 346 morts.

(20 minutes/ats/afp)

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