Actualisé 04.03.2010 à 07:22

Enlevé et livré à la justiceUn Allemand sera jugé en France

La Cour de cassation française a refusé mercredi de libérer un médecin allemand soupçonné par la justice française d'avoir tué sa belle-fille en 1982.

L'homme avait été livré à la justice française en octobre après avoir été enlevé à l'initiative du père de la victime.

Cette décision rend inéluctable l'incarcération de Dieter Krombach, 74 ans, et son prochain procès aux assises de Paris pour «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» sur Kalinka Bamberski, alors âgée de 14 ans.

Le père de cette dernière, André Bamberski, furieux de ne pas voir les procédures aboutir, l'avait fait enlever en Bavière par un complice en octobre dernier. Dieter Krombach avait été frappé et laissé pieds et poings liés dans une rue de Mulhouse où la police française l'avait arrêté.

Ses avocats avaient contesté la méthode devant la plus haute juridiction française. La cour a rejeté leur demande, conformément aux réquisitions du parquet, qui évoquait une jurisprudence validant la méthode, notamment pour l'ex-nazi Klaus Barbie et l'activiste Ilich Ramirez Sanchez dit «Carlos», enlevés par des services officiels français à l'étranger puis jugés en France.

Des poursuites sont engagées séparément concernant son enlèvement contre André Bamberski et son complice, qui dit avoir agi par compassion.

Dieter Krombach a été déjà condamné par contumace en 1995 en France à quinze ans de réclusion criminelle pour la mort de Kalinka et c'est sur la base de ce dossier qu'il sera rejugé.

Kalinka Bamberski est morte alors qu'elle passait ses vacances chez M. Krombach, qui avait épousé sa mère. Invoquant une insolation, le cardiologue a toujours dit que sa mort était accidentelle. Kalinka est morte après qu'il lui eut injecté une préparation ferrique censée l'aider à bronzer.

La justice allemande l'a blanchi de toute responsabilité et refusait donc de l'extrader. La Cour de cassation a aussi rejeté l'argument selon lequel cette décision empêcherait le procès en France.

Le père de Kalinka estime que Dieter Krombach a été protégé car il travaillait pour les services spéciaux de son pays. Il souligne que le médecin a été condamné en Allemagne en 1997 à deux ans de prison avec sursis pour des abus sexuels sur une autre jeune fille qu'il avait anesthésiée. (ats)

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