Un américain à la tête de la Banque mondiale

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Un américain à la tête de la Banque mondiale

Washington - Seul en lice pour succéder à Paul Wolfowitz, l'Américain Robert Zoellick s'apprête à prendre la tête d'une Banque mondiale en pleine crise de confiance et d'identité.

«Il n'y a pas de doute que l'institution a traversé une période de troubles et je pense que l'une des tâches du nouveau président sera de tenter de calmer les eaux», a reconnu mercredi le candidat unique à la présidence de l'institution.

Après la démission du président sortant, tombé en raison d'une affaire de népotisme, le conseil d'administration avait fixé à vendredi soir la limite au dépôt des candidatures.

Le 1er juillet

Or un seul candidat s'était fait connaître à cette date, celui des Etats-Unis. Il devrait être nommé officiellement d'ici à la fin du mois et prendre ses fonctions autour du 1er juillet.

«Le conseil d'administration a l'intention de tenir une réunion formelle sur ce sujet la semaine prochaine», a indiqué vendredi à l'AFP un responsable de l'institution, sous couvert de l'anonymat.

En vertu d'une règle non écrite, qui n'a pas été démentie, l'administration américaine désigne le dirigeant de la Banque mondiale, tandis que l'Europe choisit celui du Fonds monétaire international.

La nomination de l'ancien Représentant américain au Commerce (USTR) va inaugurer une période de transition délicate au cours de laquelle M. Zoellick devra apaiser et remettre sur les rails une institution désorientée.

Période traumatique

«Cette institution vient de traverser une période traumatique», a rappelé M. Zoellick, ex-numéro deux du département d'Etat, dès sa désignation: «Il y a beaucoup d'anxiété, de frustration et de colère accumulées».

Le long scandale qui a abouti à la démission de M. Wolfowitz, accusé d'avoir donné de l'avancement à sa compagne également employée de la Banque, a divisé les équipes et entamé la crédibilité d'une institution qui à la vocation d'être moralement irréprochable.

Mais cette crise de confiance est venue s'ajouter à un questionnement plus ancien et plus profond sur les missions de l'institution, définies peu après la Seconde Guerre mondiale, et qui paraissent aujourd'hui dépassées.

«La Banque n'est plus le plus gros bailleur, ni celui qui propose les meilleures conditions de prêt», résume un autre cadre de l'institution, également sous couvert de l'anonymat.

Priorités

M. Zoellick semble en avoir conscience. «L'un des défis de cette fonction (...) sera aussi de tisser des liens avec quelques-uns des nouveaux acteurs», a-t-il déclaré mardi: «Personne n'a le monopole» de l'aide internationale.

S'agissant des priorités de son action, le futur président a laissé entendre qu'il continuerait d'accorder une attention particulière à l'Afrique, terre de prédilection de M. Wolfowitz, à laquelle le candidat Zoellick a consacré l'essentiel d'une tournée internationale qui doit s'achever mardi.

Les pays africains sont les premiers bénéficiaires de l'un des principaux mécanismes de financement de la Banque, l'Association internationale de développement (Ida), dont les fonds - une trentaine de milliards de dollars - font actuellement l'objet d'âpres négociations internationales.

La dernière question posée au futur dirigeant, et opportunément développée vendredi dans la rubrique mondaine du «Washington Post»- où a commencé l'affaire Wolfowitz - concerne le traitement qu'il entend réserver au petit cercle de conseillers dont Wolfowitz s'était entouré. Ils étaient cinq. Quatre sont restés.

(ats)

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