Etat islamique en Irak: Un an après, la peur règne toujours à Mossoul
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Etat islamique en IrakUn an après, la peur règne toujours à Mossoul

La récente conquête de Ramadi par l'EI éloigne la perspective d'une libération de Mossoul, la première localité à être tombée aux mains des jihadistes il y a un an.

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Janvier 2014. En Syrie,  le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) conquiert Raqa (nord) après de féroces combats contre des rebelles rivaux et en fait son fief, soumettant la population locale.

Janvier 2014. En Syrie, le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) conquiert Raqa (nord) après de féroces combats contre des rebelles rivaux et en fait son fief, soumettant la population locale.

Juin 2014.  Le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) lance une offensive dans le nord-est de l'Irak et s'empare rapidement de Mossoul, la 2e ville du pays.

Juin 2014. Le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) lance une offensive dans le nord-est de l'Irak et s'empare rapidement de Mossoul, la 2e ville du pays.

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Juin 2014. Le chef de l'EI (ex-EIIL), Abou Bakr al-Baghdadi, proclame son «califat islamique», défiant ouvertement al-Qaïda.

Juin 2014. Le chef de l'EI (ex-EIIL), Abou Bakr al-Baghdadi, proclame son «califat islamique», défiant ouvertement al-Qaïda.

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Bagdad (ats/afp) La récente conquête de la ville irakienne de Ramadi par le groupe Etat islamique (EI) éloigne encore plus la perspective d'une libération de Mossoul, la première localité à être tombée aux mains des jihadistes il y a un an. Les habitants de Mossoul se sentent de plus en plus isolés.

La reprise de Mossoul, le chef-lieu de la province de Ninive, est déjà présentée comme l'objectif et l'apogée de la contre-offensive anti-jihadiste en cours en Irak. Mais les habitants de la grande métropole du nord craignent que ce moment n'arrive jamais.

«Nous avons été choqués d'apprendre que l'EI avait conquis Ramadi», témoigne Abou Yasser, un habitant de Mossoul préférant ne pas dévoiler son nom complet. Il est vrai que la chute de Ramadi a douché les espoirs nés de la reprise de la ville de Tikrit fin mars. Le gouvernement irakien avait alors promis une opération pour libérer la province d'Al-Anbar (ouest) mais ce sont les jihadistes qui ont renforcé leur emprise sur cette région proche de la Syrie.

«Nous pensions cela impossible car le gouvernement et les tribus de Ramadi étaient censés travailler ensemble», explique Abou Yasser, un commerçant de 44 ans, qui doute qu'il y ait aujourd'hui une «véritable volonté politique» de libérer la ville de Mossoul.

Attaque reportée

L'offensive sur cette ville a été annoncée à plusieurs reprises depuis la chute de Mossoul le 10 juin 2014. Elle devait d'abord être lancée vers la fin de l'année passée, puis a été repoussée à avril-mai et ensuite à fin 2015. Les responsables semblent toujours plus prudents et l'opération ne semble même plus envisagée.

«Elle va être indéfiniment repoussée», estime Ayham Kamel, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord au Eurasia Group. «Mossoul est une trop grande ville pour garantir un succès à court terme».

La bataille de Tikrit, dont la superficie ne représente environ que 10% de celle de Mossoul, a été facilitée par le fait qu'une grande partie de ses 200'000 habitants avait quitté la ville.

Or à Mossoul, près de la moitié des deux millions d'habitants qui y vivaient y serait restée. Les résidents actuels ne peuvent pas la quitter sans s'engager à y revenir dans des délais impartis. S'ils désobéissent, leur maison ou leur voiture peut être saisie.

La peur s'installe

La population majoritairement sunnite de Mossoul avait trouvé un répit appréciable après l'arrivée de l'EI qui avait fait fuir les policiers chiites décriés pour leurs exactions. Mais depuis un an, les habitants ont découvert les méthodes des jihadistes et assisté à des décapitations en public, des lapidations et des crucifixions.

«Dans ma rue, il y a peut-être 50 maisons. Seule une famille soutient l'EI», assure un habitant s'exprimant anonymement. «Nous avons peur de parler, même avec des amis. Nous avons peur d'être nous-mêmes. C'est uniquement quand nous nous enfermons chez nous en famille que nous pouvons dire ce que nous voulons».

Contexte difficile

Des attaques à petite échelle à la fin de l'année dernière avaient laissé envisager un soulèvement de la population contre l'EI, mais cela n'a pas eu lieu. Entre-temps, le contexte est resté problématique. Les forces kurdes ont montré peu d'intérêt à participer à une bataille qu'ils ne voient pas comme la leur, les troupes irakiennes demeurent insuffisamment formées pour assurer la victoire, et le recours aux milices chiites pour libérer Mossoul serait controversé.

Les habitants «ont peur de Daech (l'acronyme arabe de l'EI) mais aussi de ceux qui viendront libérer Mossoul de Daech», souligne Salim al-Joubouri, un dignitaire sunnite. Ils «doivent d'abord être persuadés que les forces venues les libérer leur offriront une situation meilleure que celle qu'ils vivent actuellement». A Mossoul, qui vit dans l'isolement, le temps passe lentement et les ressources se raréfient. (ats)

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