Actualisé 24.03.2016 à 15:16

GermanwingsUn an après le drame, la sécurité reste lacunaire

La sécurité aérienne reste insuffisante en Allemagne, un an après le crash de l'avion de la Germanwings qui avait fait 150 morts dans les Alpes françaises.

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Quelque 350 personnes, proches des victimes du crash d'un avion de la compagnie allemande Germanwings, sont venues samedi se recueillir dans les Alpes françaises. Le drame y avait fait il y a trois ans 150 morts. (Samedi 24 mars 2018)

Quelque 350 personnes, proches des victimes du crash d'un avion de la compagnie allemande Germanwings, sont venues samedi se recueillir dans les Alpes françaises. Le drame y avait fait il y a trois ans 150 morts. (Samedi 24 mars 2018)

AFP
En septembre, une sculpture de Jürgen Batscheider, intitulée «Sonnenkugel» (sphère solaire, en allemand), a été déposée par hélicoptère sur le lieu d'impact. L'oeuvre, de cinq mètres de diamètre, renferme un cylindre et des sphères en bois à l'intérieur desquelles les familles des victimes ont placé leurs souvenirs personnels. (Samedi 24 mars 2018)

En septembre, une sculpture de Jürgen Batscheider, intitulée «Sonnenkugel» (sphère solaire, en allemand), a été déposée par hélicoptère sur le lieu d'impact. L'oeuvre, de cinq mètres de diamètre, renferme un cylindre et des sphères en bois à l'intérieur desquelles les familles des victimes ont placé leurs souvenirs personnels. (Samedi 24 mars 2018)

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Des familles de victimes sud-américaines entament une procédure en justice contre Germanwings. (Dimanche 7 mai 2017)

Des familles de victimes sud-américaines entament une procédure en justice contre Germanwings. (Dimanche 7 mai 2017)

AFP

L'Union européenne a adressé des critiques au gouvernement allemand à l'occasion de la commémoration du crash de l'avion de la Germanwings qui avait fait 150 morts dans les Alpes françaises voici un an. La chute de l'A320 avait été orchestrée avec minutie par le copilote Andreas Lubitz. Dans un acte suicidaire, ce dernier avait pris le contrôle de l'appareil en s'arrangeant pour que le commandant de bord soit bloqué hors du cockpit.

Un an plus tard, les mesures sécuritaires permettant de prévenir une nouvelle tragédie ne semblent pourtant pas satisfaisantes. C'est ce que conclut un rapport publié par les autorités européennes, qui pointent du doigt le manque d'empressement de la part du gouvernement allemand pour faire appliquer ses recommandations.

Ces dernières prévoient notamment que deux pilotes doivent se tenir en permanence dans le cockpit pendant les vols. Si l'un des pilotes sort, un membre de l'équipage doit se rendre dans la cabine de pilotage. La mesure est déjà en vigueur aux Etats-Unis et en Chine depuis des années, tandis que maintes compagnies l'ont déjà adoptée. Mais cette recommandation ne fait pas l'unanimité.

Le syndicat des pilotes allemands estime qu'impliquer une troisième personne dans le cockpit n'est pas un gage de sécurité. Au contraire, la mesure induit une nouvelle menace, au cas où l'un des pilotes agirait de mèche avec l'un des membres de l'équipage.

Examens aléatoires

Les agences internationales de sécurité aérienne ont demandé à ce que les pilotes soient soumis à des examens de santé plus stricts et plus réguliers. Le Parlement allemand a adopté une législation allant de ce sens. La mesure permet de contrôler les pilotes de façon inopinée, afin de s'assurer qu'ils ne sont pas sous l'effet de médicaments, de drogues ou d'alcool.

Cependant, la sphère privée des pilotes reste trop protégée, dénonce le rapport des autorités européennes. Comme le soulève le journal Le Figaro, plusieurs médecins étaient informés des difficultés psychiatriques du pilote Andreas Lubitz. Mais le secret médical n'a pas pu être levé. Aujourd'hui encore, le serment d'Hippocrate reste sacré dans la communauté des médecins, qui est soumise au code de déontologie médicale.

Acte suicidaire

Le 24 mars 2015, un A320 de la compagnie Germanwings, filiale low cost de Lufthansa, avec 150 personnes à bord dont six membres d'équipage, s'était écrasé à flanc de montagne près de Seyne-les-Alpes (sud-est). Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a rendu son rapport publique le 13 mars, concluant à un crash volontaire de l'appareil. Selon le rapport, Andreas Lubitz traversait un épisode dépressif et psychotique. Le jour de l'accident, le copilote bénéficiait d'un arrêt maladie.

Plusieurs villes d'Allemagne ont observé jeudi une minute de silence en mémoire des victimes du crash.

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