Actualisé 30.12.2007 à 13:02

Un an après sa mort, on rend hommage à Saddam Hussein

Des fidèles de l'ancien régime irakien ont rendu hommage dimanche à Saddam Hussein, exécuté il y a un an jour pour jour.

Ils ont défilé sous haute sécurité dans le village d'Aouja, où repose l'ancien dictateur.

Des dizaines de chefs tribaux arabes et des étudiants, originaires de ce bastion sunnite connu pour avoir soutenu l'ancien régime et le parti Baas jadis au pouvoir, ont récité des versets du Coran devant la tombe de Saddam Hussein, selon un journaliste de l'AFP sur place.

«Il s'agit d'une simple commémoration pour rendre hommage à un président qui a servi, protégé et préservé la dignité de l'Irak et de son peuple», a déclaré Ali al-Nida, chef de la tribu Baijat, dont était issu Saddam Hussein.

Des portraits de l'ancien président avaient été placardés dans les rues de son village natal (180 km au nord de Bagdad), où des haut-parleurs ont diffusé des versets du Coran. Cette cérémonie s'est déroulée sous la protection de nombreux policiers qui patrouillaient les rues d'Aouja et de la ville voisine de Tikrit, bastion de l'ancien régime.

«Nous avons pris des mesures de sécurité très strictes et sommes prêts à intervenir à tout moment», a déclaré un responsable local des forces de sécurité qui n'avait rapporté dans l'immédiat aucun incident.

Le ministère de l'intérieur avait annoncé samedi avoir placé en état d'alerte les forces de sécurité afin d'empêcher tout acte de violence de la part de fidèles de Saddam Hussein, exécuté le 30 décembre 2006 à l'âge de 69 ans.

A Bagdad, des portraits du dictateur déchu ont également été placardés dans le quartier sunnite d'Adhamiyah, où il avait fait en avril 2003 sa dernière apparition publique avant que ne s'effondre son régime sous la poussée des forces américaines.

Un couvre-feu a par ailleurs été instauré dans la localité d'al- Daour (150 km au nord de Bagdad), près de laquelle Saddam Hussein avait été arrêté en décembre 2003 par les forces américaines, selon les autorités locales.

Les médias irakiens ont passé sous silence ce premier anniversaire de l'exécution controversée du dictateur déchu.

Inculpé par un tribunal irakien de génocide et crimes contre l'humanité, Saddam Hussein a été condamné à mort et pendu le 30 décembre 2006 sous les quolibets de ses gardes chiites. La scène, filmée par un vidéophone, avait provoqué la colère de la communauté chiite.

Son exécution avait eu lieu le premier jour de l'Aïd al Adha (fête musulmane du Sacrifice) qui est tombé cette année le 19 décembre, selon le calendrier lunaire musulman. Une discrète cérémonie avait alors également été organisée à Aouja par des membres de la tribu Baijat. Aucune personnalité politique n'a participé à ces journées du souvenir.

Les visiteurs étaient essentiellement originaires des provinces de Salaheddinne, Anbar, Diyala, et Mossoul, longtemps des bastions de l'insurrection et où des combattant antiaméricains sont encore actifs.

Les deux fils de Saddam, Oudaï et Qoussaï, tués en juillet 2003 à Mossoul (nord) par l'armée américaine, reposent aussi à Aouja, tout comme trois dignitaires de l'ancien régime qui avaient été condamnés à mort avec Saddam Hussein en novembre 2006 pour les «exécutions» de 148 villageois chiites dans les années 1980.

Barzan Ibrahim al-Hassan (al-Tikriti), l'un des trois demi- frères du président déchu et son conseiller présidentiel, et Awad Ahmed al-Bandar, ex-président du tribunal révolutionnaire et adjoint du chef du cabinet de Saddam, ont été pendus le 15 janvier 2007. Taha Yassine Ramadan, l'ancien vice-président irakien, a été pendu le 20 mars 2007. (ats)

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