Vaud : Un ancien conflit rebondit au Tribunal fédéral
Actualisé

Vaud Un ancien conflit rebondit au Tribunal fédéral

Deux ex-secrétaires syndicaux contestent leur condamnation pour injures, dans le cadre du litige en lien avec la société Alpen Peak.

par
Frédéric Nejad Toulami
Unia avait soutenu des ouvriers polonais exploités.

Unia avait soutenu des ouvriers polonais exploités.

Ex-Press

L'action syndicale sur le terrain est-elle remise en cause par la justice? C'est le sentiment de deux ex-employés d'Unia. Ils ont annoncé jeudi 24 octobre que leur avocate avait fait recours au Tribunal fédéral ce mois. Ils s'opposent à leur condamnation pour injures contre l'épouse du patron d'Alpen Peak.

Cette société avait été dénoncée en 2016 pour avoir fait travailler des ouvriers polonais, défendu par le syndicat Unia, dans des conditions salariales litigieuses. Une grève de deux semaines avaient eu lieu et le conflit s'était durci. La situation avait pris une telle ampleur que deux conseillers d'État, vaudois et neuchâtelois, étaient intervenus dans une médiation. Un accord avait fini par être trouvé et les parties avaient accepté de retirer leurs plaintes. Sauf l'épouse.

Elle accusait les deux syndicalistes de l'avoir insultée et fait un doigt d'honneur lors d'une distribution de tracts dans sa commune de Mauborget. Les individus contestent fermement et déclarent avoir été pris à partie ce jour-là du mois de septembre 2016 par l'épouse du boss d'Alpen Peak, devant son domicile, et ses proches. Sur les quatre griefs du dossier pénal, seule l'injure a été retenue par les juges cantonaux. L'avocate des deux hommes dénonce une violation de la présomption d'innocence et l'absence de preuves. Outre les jours-amende avec sursis, les deux condamnés devront payer près de 9000 fr chacun en amende, frais de justice et frais d'avocat de la partie adverse. Leur sort dépendra désormais de la Cour suprême.

Ton opinion