Actualisé 22.02.2020 à 09:03

Cyclisme

Un ancien coureur passe aux aveux de dopage

Le Lucernois Pirmin Lang, 35 ans, faisait partie du réseau Aderlass. Il formait des jeunes talents, aussi.

de
Simon Meier
Pirmin Lang a été professionnel de 2013 à 2017.

Pirmin Lang a été professionnel de 2013 à 2017.

Keystone

Il ne révèle aucun nom – excepté le sien. Il ne rentre pas dans le détail des substances ou du calendrier. Mais le message que Pirmin Lang a délivré vendredi soir sur son compte Twitter (lire ci-dessous) est limpide. Le Lucernois de 35 ans, qui avait mis un terme à sa carrière de cycliste en 2017, a mouillé dans le vaste réseau de dopage «Aderlass», dont l'existence éclata au grand jour durant les Mondiaux 2019 de ski nordique. L'ex-coureur de IAM (2013-16) n'a pas effectué son coming out de façon tout à fait spontanée: dès vendredi matin, il a été sollicité à multiples reprises par la Neue Zürcher Zeitung, qui souhaitait le confronter à certains éléments d'enquête, certaines accusations. Pirmin Lang n'a pas répondu au journal. Mais dans la soirée, il publiait les mots suivants. Des mots sans équivoque malgré le mystère qui les entoure. Des mots un peu glaçants, lorsqu'on sait que depuis 2017, l'homme oeuvrait en tant que directeur sportif de la Swiss Racing Academy, une formation de jeunes espoirs helvétiques.

«Mon nom est Pirmin Lang, j'ai 35 ans. Et je me retire aujourd'hui du cyclisme professionnel. J'ai commencé le vélo de course il y a vingt ans, j'ai été coureur pro de 2013 à 2017 et je suis désormais directeur sportif. Voici deux ans, j'ai lancé une structure afin de développer de jeunes talents dans mon pays. J'y ai vu une chance de partager ma passion, mes connaissances, mon expérience. Une chance de donner en retour. D'instaurer la vision d'un cyclisme nouveau, qui aide les jeunes à devenir de bons coureurs et même de meilleures personnes. Mais plus que tout, je voulais une équipe parce que je voulais les protéger. Les protéger des méfaits dont j'ai été témoin et que j'ai expérimentés durant ma carrière professionnelle. La pression négative, les mauvaises influences, la performance à tout prix. La triche. Pour les protéger des erreurs que j'ai commises. Les erreurs que je ne peux plus garder secrètes. Celles que je ne peux plus cacher aux coéquipiers qui me faisaient confiance. Celles au sujet desquelles j'ai menti aux partenaires qui me soutenaient. Celles que je n'ai pas dévoilées à ma femme et ma famille. Les erreurs que je révèle aujourd'hui. J'ai triché au cours de ma carrière en tant que cycliste pro. Je faisais partie du réseau «Aderlass». J'ai menti et je suis responsable de mes actes. Je le regrette.»

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