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Etats-UnisUn ancien journaliste ripou interdit de plaider

Peut-on être avocat, invoquer le droit et défendre victimes ou accusés lorsqu'on a un passé de faussaire? La Cour suprême de Californie vient de dire non.

par
Guillaume Serina
Los Angeles

Plus de quinze ans après ses frasques, Stephen Glass défraie encore la chronique. Si son nom est inconnu en Europe, les lecteurs des magazines américains «New Republic» et «Rolling Stone», entre autres, s'en souviennent encore. Jeune journaliste réputé et brillant, Stephen Glass est salarié de «New Republic» et travaille à la pige pour d'autres titres. En 1998, le scandale éclate: il a inventé, ou déformé, tout ou partie de ses articles. Pas moins de 42 textes sont concernés. Il est immédiatement licencié et le jeune homme rentre vivre chez ses parents à Chicago, en Illinois, où il tombe dans une grave dépression avec des tendances suicidaires.

A 41 ans, l'ancien journaliste ripou est aujourd'hui un autre homme. En tout cas en apparence. Il entretient depuis longtemps une relation amoureuse stable avec une avocate-écrivain et travaille depuis 2004 pour une firme juridique de Los Angeles, en Californie, relate le «L. A. Times». Surtout, il a décroché les plus hauts diplômes de droit requis pour être juriste professionnel, après des études dans la prestigieuse université de Georgetown, à Washington. Il a même passé avec succès les concours du barreau de New York et de Los Angeles. Mais il ne peut toujours pas pratiquer le métier d'avocat.

«Glass est un menteur persuasif et c'est prouvé», a estimé une première fois le barreau de Californie en 2009, qui a refusé de lui octroyer la licence professionnelle, le sésame qui ouvre les portes des tribunaux pour y plaider. Lorsqu'il était journaliste, Stephan Glass avait non seulement fabriqué ses articles de toutes pièces mais aussi des faux e-mails et des messages téléphoniques pour se couvrir. Ingénieux. Ou malade, c'est selon. «Je voulais que mon rédacteur en chef m'aime. Comme un père aime son fils», a-t-il déclaré.

Lundi, après un procès de dix jours, la Cour suprême de Californie a décidé à l'unanimité de ne pas accorder la licence d'avocat à Stephen Glass. Ses défenseurs avaient pourtant tenté de faire valoir que l'ancien journaliste avait déjà payé cher ses fautes passées. En vain. Les juges n'ont pas été convaincus par le retour à un comportement éthique et moral du juriste, insistant sur leur devoir de protéger la population et de garantir l'intégrité des avocats chargés de défendre ses droits.

FranceUSAMedia.com/jfz

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