Votations: Un article pour revaloriser le rôle des généralistes
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VotationsUn article pour revaloriser le rôle des généralistes

La Suisse va revaloriser le rôle des généralistes, pédiatres et autres infirmiers. Le peuple va se prononcer sur l'inscription des soins médicaux de base dans la constitution.

Le texte répond aux revendications des médecins de famille, qui ont entre-temps retiré leur initiative populaire. En principe, l'article sur les soins médicaux de base devrait passer facilement la rampe. Les sondages le donnent largement gagnant. La campagne se déroule tranquillement, l'opposition étant plutôt larvée.

Le nouvel article impose à la Confédération et aux cantons de veiller à ce que chacun ait accès à des soins médicaux de base suffisants et de qualité. Autre mission, encourager la médecine de famille, reconnue comme une composante essentielle du système médical de base.

Pénurie de main d'oeuvre

Aujourd'hui, la desserte médicale est bonne dans tout le pays. Mais le système vacille. Nombre de généralistes atteignent l'âge de la retraite et ne trouvent pas de successeur pour leur cabinet, surtout dans les régions périphériques, a averti le ministre de la santé Alain Berset. Une pénurie de professionnels se profile également dans d'autres secteurs, comme les soins aux personnes âgées.

La population vieillit et le nombre de patients atteints de maladies chroniques augmente, accroissant la demande en prestations médicales, soins et assistance. Aujourd'hui, les médecins de famille effectuent les traitements d'urgence et les interventions simples.

La nouvelle norme impose à la Confédération de légiférer sur la formation dans le domaine des professions médicales de base et les conditions d'exercice des généralistes, mais aussi d'autres corporations comme les sages-femmes, les pharmaciens, les assistants de Spitex ou les physiothérapeutes.

Rémunération en question

L'article constitutionnel exige également une «rémunération appropriée des prestations de la médecine de famille». Les généralistes appellent en effet à une meilleure reconnaissance pécuniaire, en particulier par rapport à leurs collègues spécialistes.

Le gouvernement est intervenu récemment pour la première fois dans la fixation des tarifs médicaux puisque les partenaires tarifaires (médecins, hôpitaux, assureurs) ne sont pas parvenus à se mettre d'accord pour corriger le Tarmed.

Il propose que les généralistes et les pédiatres touchent en moyenne 9,80 francs de plus par consultation médicale. Pour compenser, les prestations fournies par différents spécialistes devraient être réduites de 9%.

Le Conseil fédéral doit encore trancher. Mais le calendrier prévoit une application des nouveaux tarifs dès l'automne, indépendamment du résultat du scrutin. Toute la mise en oeuvre du plan directeur en faveur de la médecine de base, qui fixe encore une meilleure rémunération des analyses rapides ou la formation de quelque 300 médecins supplémentaires par an, ne dépendra pas non plus du vote.

UDC contraire

Néanmoins, les médecins considèrent qu'un «oui» le 18 mai permettra d'assurer que ce plan directeur ne reste pas lettre morte, et que ses promesses seront bien mises en oeuvre. Tout comme les associations des professionnels de premier recours, ils soutiennent le projet.

Du côté des partis, seule l'UDC s'oppose à l'article sur la médecine, mais ne mène pas campagne. Les démocrates du centre craignent un transfert de compétences des cantons vers la Confédération. Ils rechignent en outre à donner une garantie de revenus à une catégorie professionnelle. (ats)

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